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La guerre des labels est ouverte

80% des coupes de bois effectuées dans le bassin amazonien sont totalement illégales. Keystone Archive

Les écologistes veulent imposer un label garantissant la protection de la nature et des populations locales. Mais ils ne sont pas les seuls.

Une récente étude réalisée par le gouvernement brésilien démontre que 80% des coupes de bois effectuées dans le bassin amazonien sont totalement illégales.

Selon les organisations écologistes, les exploitations illicites des forêts tropicales touchent la plupart des pays exportateurs. Et une partie des essences exotiques importées en Suisse proviendrait de ces marchés parallèles.

D’ailleurs, les importateurs admettent volontiers qu’ils ne sont pas vraiment bien protégés contre l’acquisition de bois tropical provenant de coupes non autorisées.

La multiplication des labels

«Nous sommes obligés de faire confiance aux sociétés qui nous fournissent la matière première, explique Denis Bourquin. A défaut d’acheter que des lots porteurs d’un label reconnu.»

«Le problème, poursuit le négociant en bois, c’est que nous assistons à une multiplication de ces certifications. Tant et si bien que nous ne savons plus très bien à quelle norme nous fier.»

«C’est vrai, confirme Damine Oettli, chef de la campagne forêt du WWF Suisse, de multiples labels se partagent le marché. Mais aucun d’entre eux n’offre autant de garanties sociales et environnementales que le FSC.»

De son côté, la société Brunneg parle carrément d’une guerre économico-politique. Le fabricant de portes accuse les organisations écologistes de chercher à imposer le FSC (Forest Stewardship council), le label du Conseil international de gestion forestière.

Une question de crédibilité

Créé en 1993 par des ONG soucieuses de l’environnement et des peuples autochtones, le FSC se veut le garant d’une exploitation forestière durable, respectueuse de l’homme et de la nature.

Si l’on en croit le WWF, le FSC serait aujourd’hui le label le plus fiable. Il permettrait de contrôler la provenance du bois, de l’exploitation forestière jusqu’à sa transformation.

Et Damine Oettli d’ajouter: «la majeure partie des labels sont fournis par les gouvernements qui commercialisent, eux-mêmes, les bois tropicaux. Raison pour laquelle on peut difficilement croire à leur indépendance sinon à leur fiabilité».

La position du gouvernement

Le WWF cherche donc bel et bien à imposer sa norme au plan international. Mais la bataille n’est pas encore gagnée.

En décembre, en réponse à une motion de la conseillère nationale écologiste Maya Graf, le gouvernement suisse s’est prononcé contre l’utilisation de bois tropical provenant de coupes illégales.

Pour les constructions de la Confédération, la Suisse n’utilisera désormais plus que du bois attesté par une organisation de certification reconnue. Pour autant, le gouvernement ne se prononce pas sur le nombre et les spécificités des labels qu’il entend reconnaître à l’avenir.

swissinfo/Vanda Janka

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