Les entreprises face à leurs responsabilités sociales
Ce thème a été passé au crible samedi, au troisième jour du 13e Forum de Crans-Montana.
Le conseiller fédéral Pascal Couchepin a rejeté la thèse voulant que la mondialisation s’est faite aux dépens des droits sociaux.
«Au contraire», estime le chef du Département fédéral de l’économie, pour qui l’internationalisation des firmes a permis d’importer de nouveaux droits dans certains pays.
L’appréciation est différente du côté de la Commission européenne: le déséquilibre entre la croissance des échanges entraînée par la globalisation et le développement des normes tend à augmenter, estime Julie Raynal, administratrice de la commission.
Ce déséquilibre s’explique en général par l’absence de gouvernement local ou de gouvernance globale. Selon Julie Raynal, la tension générée a cependant été salutaire. Elle a favorisé la transparence au niveau des engagements pris et des résultats obtenus.
Intérêt bien compris
Selon Mme Raynal, un consensus commence à se dessiner dans les états-majors entrepreneuriaux sur l’intérêt de prendre en compte les droits de l’homme et l’environnement.
Les réalisations en matière de développement social sont nombreuses et figurent parmi les préoccupations des chefs d’entreprises, ont confirmé de concert le vice-président de Nestlé, Niels Christiansen, et le président de BP Europe, Michel de Fabiani.
Option différente
Privilégier un développement durable exige surtout des entreprises qu’elles sacrifient les résultats économiques à court terme au profit des résultats à moyen terme, a ajouté Niels Christiansen.
Pascal Couchepin estime, lui, que «pour que le système marche», il faut l’action conjointe des trois niveaux qui règlent le fonctionnement de l’entreprise: la loi doit être claire, la philosophie de la firme cohérente et les collaborateurs doivent y adhérer.
La Commission européenne a demandé aux partenaires sociaux de faire un état des lieux de ce qui pourrait être amélioré.
Pour beaucoup, la crédibilité des changements engagés, comme l’introduction de codes de conduites, de labels, d’instruments de certification et de contrôles, doit encore être prouvée. Il faut clarifier la multitude d’outils légaux existants.
swissinfo avec les agences
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