La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les jardins familiaux rassemblent

En Suisse, les jardins familiaux ont toujours la cote. Ils permettent aux citadins de s'adonner aux joies de la culture potagère.

La ville de Zurich les considère comme un facteur d’intégration pour les étrangers et veut les valoriser.

La commune de Zurich, comme celle de Bâle, compte près de 6620 jardins familiaux. Un phénomène que l’on retrouve dans toutes les grandes villes.

Le manque d’espaces verts dans les cités explique probablement cet engouement. Ces jardins permettent justement à de nombreuses communautés de se retrouver, de partager ses passions, sa gastronomie et sa culture.

Responsable des jardins familiaux de Zurich, l’ancienne conseillère communale socialiste Renate Fässler constate que ces lieux ont de nombreux effets positifs.

«En 1920, lorsque ces jardins ont été créés, ils permettaient aux citadins de faire pousser des légumes en pleine ville. Cette culture potagère correspondait à une nécessité économique».

Combattre le stress

Aujourd’hui, la vie dans les cités n’est plus la même. Car la donne a changé. «Les Zurichois veulent avant tout un jardin familial pour oublier le stress et les soucis quotidiens. C’est ce qu’ils font lorsqu’il cultivent leurs légumes», explique Renate Fässler.

Et, ils le font toujours avec beaucoup de soin et d’attention. D’ailleurs, les locataires d’une parcelle ont l’obligation d’entretenir leur jardin et d’y faire pousser des fleurs ou des légumes.

Mais, avec le temps, la population zurichoise – comme partout en Suisse – est devenue plus cosmopolite. Ce qui a des conséquences sur la fréquentation de ces lieux.

Dix-huit nationalités différentes

En effet, il y a eu une évolution sociologique. «Ces petites parcelles sont une petite société dans la société, constate Renate Fässler. Des lieux où l’on retrouve désormais des citoyens de 18 nationalités différentes».

Même si cela peut paraître paradoxale, la promiscuité de ces jardins favorise un contact enrichissant. Certains locataires préfèrent, certes, être seuls. Mais, «dans l’ensemble, les gens se mêlent et échangent des idées avec plaisir», constate Renate Fässler.

«Mes voisins de jardin sont italiens, croates, grecs ou encore finlandais. Cette diversité culturelle et gastronomique est riche», souligne, encore, Renate Fässler.

Une méthode d’intégration

Au-delà de ces riches échanges entre Suisses et Etrangers, Renate Fässler considère que ces jardins sont un excellent facteur d’intégration.

«Il est faux de dire que les différentes communautés forment des ghettos à l’intérieur de ces parcelles», affirme la responsable. Il n’existe pas d’endroits interdits aux Croates, aux Italiens… ni aux Suisses.

C’est précisement cette dynamique que la ville de Zurich veut renforcer. En permettant à tous de se mélanger encore plus pour pouvoir mieux se connaître.

«C’est pourquoi, nous restons attentifs aux listes d’attente et à la nationalité des futurs locataires de parcelles», affirme la responsable des jardins. Car nous voulons réellement que les populations se rencontrent.»

Mieux encore, ces petits jardins seront bientôt aménagés avec des places de jeux pour les enfants. Ce qui devrait séduire davantage de familles nombreuses. Et empêcher le vieillissement de «cette communauté potagère».

Et Renate Fässler de souligner que l’intégration est «encore plus facile avec des enfants».

Enfin, le coût relativement peu élevé des parcelles (230 frans par année) est à la portée de toutes les bourses. Un facteur supplémentaire qui plaide en faveur d’une meilleure intégration.

swissinfo/Jean-Louis Thomas

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision