Nelly Wenger, horizon 2002
14.05.2001: A une année de l'événement, dans quel état d'esprit se trouve Nelly Wenger, la grande prêtresse d'Expo.02? Elle propose sa vision de l'événement notamment sur le site web d'Expo.02.
Soleil sur l’arteplage. Nelly Wenger, vêtue de blanc et noir, et arpente le sourire aux lèvres les planches brutes de l’arteplage. Que représente donc pour elle ce moment particulier, ces «365 jours» avant le début de la manifestation? «Un sentiment très fort, et très solennel. Cette semaine marque un rite de passage. Le temps se suspend pendant un moment, je laisse tomber toutes mes activités de manager pendant une semaine et j’aimerais parler simplement d’émotion, et du sens de ce projet.»
La définition du «sens de ce projet», Nelly Wenger s’y est attelée sur le site web d’Expo.02 par le biais d’un long exposé, première étape d’un feuilleton qui se complétera au fil des jours. «J’ai eu l’impression qu’il fallait que j’offre cette interprétation, qui est totalement personnelle, en tant que première visiteuse, premier témoin de cette manifestation.»
A sa lecture toutefois, on s’étonne de retrouver des propos plutôt théoriques, assez typiques du discours tenu depuis longtemps par Expo.02. De quoi effrayer le grand public, sans pour autant convaincre les intellectuels.
Le principal problème de la communication d’Expo.02 ne réside-t-il pas justement là, dans cet étrange grand écart qui vise à inciter les gens à faire la fête, tout en se penchant sur des problématiques relativement cérébrales? «L’idée, c’est que chacun puisse s’y retrouver, que chacun trouve quelque chose à sa mesure et s’y sente le bienvenu, quelle que soit son envie», explique-t-elle.
S’agirait-il donc d’un vaste souper canadien? Nelly Wenger définit toutefois deux axes: «Je pense que pour une exposition nationale, l’idée principale, c’est quand même l’idée de rassemblement, et donc l’idée de fête. Mais pas l’idée de fête avec son sens galvaudé – ce mot est un peu fatigué – mais la vraie fête, dans le sens du contact humain.»
«Ensuite, bien sûr, ce projet va exhiber la Suisse, et aussi des valeurs qui sont plus que suisses, universelles. Là le visiteur aura l’occasion de se poser un certain nombre de questions, de voir certaines propositions, d’y adhérer, ou de se distancier. C’est ça l’Expo. Chacun se construit sa trajectoire, chacun se construit son récit de cet événement. Il n’y a pas de parcours balisé, pas de message à priori, pas de slogan qui soit donné au départ, ce qui explique peut-être le mal qu’on a eu à définir le sens de ce projet, qui doit être construit par chacun.»
Expo.02 a décidément le goût de l’ambiguïté. Elle est à la fois une fête qui devra susciter des interrogations, et des interrogations qui devrait susciter la fête. De la même façon, la mascotte de la manifestation, qui sera dévoilée mercredi, est paraît-il «une mascotte sans être une mascotte»… Difficulté à trancher ou véritable originalité conceptuelle? Réponse mercredi pour la mascotte. Et le 15 mai 2002 pour l’exposition.
swissinfo/Bernard Léchot
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