La France soupçonne Yeslam Binladin de blanchiment
A la suite d'une dénonciation par une banque, une procédure judiciaire a été ouverte en France. Elle implique le financier genevois.
Le 25 janvier, Yeslam Binladin, demi-frère d’Oussama Ben Laden, avait remporté une victoire importante en faisant bloquer par le Tribunal de Première instance de Genève «La vérité interdite». L’ouvrage, édité en France, laissait entendre que Yeslam entretenait certains liens avec des organisations terroristes.
Jeudi, le Tribunal de Genève examinera le recours déposé par les éditeurs contre l’interdiction du livre dans la Confédération. Il faut s’attendre à ce que Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, les auteurs de ce best-seller (plus de 80’000 exemplaires vendus dans l’Hexagone) produisent de nouveaux documents étayant leurs thèses.
L’ouverture d’une procédure judiciaire à Paris pour blanchiment d’argent est donc un coup dur pour ce financier discret de 51 ans, fondateur à Genève de la société Saudi Investment Company (SICO). Originaire d’Arabie Saoudite, Yeslam Binladin a obtenu la nationalité suisse l’année dernière.
Des îles Vierges britanniques à la France
De quoi s’agit-il? Plusieurs banques, et notamment un établissement financier britannique, auraient signalé à TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action contre les circuits financiers clandestins), une structure française, des mouvements d’argent suspects sur des comptes liés à Yeslam Binladin, entre les îles Vierges britanniques et la France.
Au début de ce mois, le dossier a atterri sur le bureau du pugnace juge Renaud Van Ruymbeck (c’est lui qui est à présent aux commandes du tentaculaire dossier Elf). Le magistrat a ouvert une procédure judiciaire pour blanchiment.
Même si le financier genevois doit toujours être considéré comme innocent, il est indéniable que ce rebondissement risque d’avoir une certaine influence sur les décisions du Tribunal de Genève jeudi. Les auteurs de «La Vérité interdite» doivent venir en Suisse à cette occasion.
Ian Hamel
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