Toujours rien à faire pour Roger Federer
(Keystone-ATS) Il n’y a toujours rien à faire pour Roger Federer face à Novak Djokovic dans les matches qui «comptent» vraiment. La demi-finale de l’Open d’Australie n’a pas échappé à la règle.
Le no 1 mondial s’est imposé 6-1 6-2 3-6 6-3 pour se hisser pour la sixième fois en finale à Melbourne. Dimanche, il cherchera à cueillir un sixième titre en Australie contre le vainqueur de la rencontre qui opposera vendredi soir Andy Murray à Milos Raonic.
Roger Federer ne peut pas nourrir de grands regrets. Surclassé lors des deux premiers sets, le Bâlois est resté loin du compte comme il l’était resté l’an dernier lors des finales de Wimbledon, de l’US Open et du Masters. Aujourd’hui, une vérité se dessine: Roger Federer ne pourra gagner un dix-huitième titre du Grand Chelem qu’à la seule condition de ne pas croiser la route de Novak Djokovic. L’emprise que le Serbe exerce sur lui depuis des mois ne lui offre pas un autre chemin. La question est de savoir si cette éventualité verra le jour. A 34 ans et demi, sa fenêtre de tir se retrécit de plus en plus.
La manière avec laquelle Roger Federer a pu rebondir après la véritable humiliation subie lors des deux premiers sets impose un certain respect. Il aurait pu sombrer corps et âme comme lors de la finale de Roland-Garros 2008 devant Rafael Nadal. Jamais depuis quatorze ans et demi et une défaite 6-1 6-2 6-4 devant Andre Agassi en huitième de finale de l’US Open 2001, Roger Federer n’avait marqué que trois jeux lors des deux premières manches d’une rencontre du Grand Chelem. Mais il avait tout juste 20 ans…
L’entame de cette demi-finale fut tout simplement un cauchemar pour l’homme aux dix-sept titres du Grand Chelem: deux points seulement gagnés sur les trois premiers jeux. L’express Djokovic était lancé. Il a fallu deux sets et demi à Roger Federer pour le stopper. Il a dû attendre le sixième jeu du troisième set pour se procurer ses premières balles de break. Il a mené 15-40 dans ce jeu avant de conclure enfin sur sa quatrième balle de break. Le public de la Rod Laver Arena accueillait ce break avec la même ferveur que celui de la «Bombonera» lors d’un but de Boca Juniors. Comme en septembre à Fushing Meadows, Roger Federer pouvait compter sur le soutien unanime du public, à commencer par Rod Laver. Novak Djokovic n’a plus besoin de jouer la Coupe Davis pour évoluer dans une ambiance hostile…
A l’attaque du quatrième set, un quatrième set disputé avec le toit fermé en raison de la pluie qui menaçait, Roger Federer a dû sans doute rêver de devenir le premier joueur depuis l’Autrichien Jürgen Melzer à Roland-Garros en 2010 à battre Novak Djokovic après avoir été mené deux sets à rien. Cette folle espérance n’allait toutefois pas au-delà du huitième jeu. Malgré un miraclepour gagner le point à 15-30, Roger Federer cédait son engagement sur un dernier retour imparable. La messe était dite. Djokovic pouvait conclure sur un jeu blanc avec ce froid réalisme que le vestiaire apprécie de moins en moins.