Travail.Suisse veut améliorer l’employabilité des travailleurs âgés
(Keystone-ATS) Face à la menace de pénurie de main-d’oeuvre spécialisée, il faut améliorer l’employabilité des travailleurs âgés, selon Travail.Suisse. Le syndicat veut notamment combler le déficit de formation des seniors les moins qualifiés. Les personnes en réinsertion professionnelle devraient pouvoir bénéficier d’un soutien matériel.
A première vue, la situation des travailleurs âgés en Suisse n’est pas dramatique: le taux d’occupation est élevé et le taux de chômage faible par rapport à la moyenne internationale, a déclaré mardi devant la presse réunie à Berne, Martin Flügel, président de Travail.Suisse.
Toutefois, en regardant dans le détail, on peut voir que presque 60% des chômeurs de plus de 55 ans sont plus d’un an sans travail, bien plus que la moyenne de la zone de l’OCDE. En plus, ce taux s’est massivement détérioré depuis 2002, passant de 40% à 60%. Cet handicap est «injuste et discriminant», a ajouté Martin Flügel.
Fortes disparités
Jacques-André Maire, vice-président de Travail.Suisse et conseiller national (PS/NE), déplore que les personnes les moins qualifiées soient les plus touchées. Si 63,1% de la population résidante âgée de 25 à 64 ans suit une formation continue (chiffres 2011 de l’OFS), il existe de fortes différentes selon les qualifications, a renchéri Bruno Weber-Gobet, responsable de la politique de formation du syndicat.
Seulement 30% des personnes sans diplôme professionnel suivent ainsi une formation continue, contre un taux qui se monte à près de 80% pour les détenteurs d’un titre d’une haute école.
Femmes concernées en premier lieu
La Confédération, qui devrait mettre à disposition 80 millions de francs par an – une estimation du syndicat – pour encourager les adultes à obtenir un diplôme professionnel fédéral, serait aussi «gagnante». Pour le Neuchâtelois Jacques-André Maire, «c’est un investissement que l’on fait là».
Travail.Suisse veut faire évoluer la Loi sur la formation professionnelle (LFPr). Le syndicat souhaite introduire l’orientation professionnelle et de carrière à la moitié de la vie comme critère de mise en place de l’article 5.2 de la LFPr dans l’ordonnance d’application.