Truffe: la Confédération a d’autres priorités que Dominique Baettig
(Keystone-ATS) La recherche sur la truffe suisse n’est pas prioritaire. Le Conseil fédéral douche les espoirs du conseiller national Dominique Baettig (UDC/JU) qui souhaiterait voir les milieux académiques et agronomiques davantage s’investir dans ce domaine.
A l’exception des Grisons et du Tessin, tous les cantons sont des sources potentielles de truffes de Bourgogne et du Périgord. Les champignonneurs sont de plus en plus nombreux à partir à leur recherche avec l’aide de chiens et des essais de culture ont été menés par des particuliers, souligne le Jurassien.
Et de souligner les qualités organoleptiques et «bio» du diamant noir suisse, qui peut concurrencer la truffe française (dont le tonnage de récolte est en baisse) et la chinoise «de bien moindre qualité». Mieux, de plus en plus de restaurateurs étoilés font figurer la truffe helvétique sur leurs cartes.
Dans sa motion, Dominique Baettig regrette donc le peu d’activités académiques et de recherches agronomiques sur le sujet. Elles pourraient pourtant représenter de réels débouchés et générer des découvertes utiles.
Aux amateurs de s’organiser
Au vu de l’importance économique réduite de la truffe et des ressources limitées, il faut renoncer à un engagement fédéral supplémentaire, répond jeudi le gouvernement. Selon lui, il s’agit moins d’un problème de recherche que d’une question d’économie privée concernant les champignonneurs et les organisations truffières. A eux d’approfondir et de transmettre les connaissances, les expériences et, le cas échéant, d’organiser la commercialisation.
De 2002 à 2006, la Suisse a importé en moyenne 6,1 tonnes de truffes d’une valeur de 3,3 millions de francs chaque année. Aucune statistique spécifique n’existe depuis, le tubercule étant fondu dans la catégorie champignons comestibles. Aucun chiffre n’est connu concernant la récolte en Suisse.