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Une année pour rendre la biodiversité populaire

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Depuis 2001, le Monitoring de la biodiversité en Suisse relève périodiquement l'état de la biodiversité.

Depuis 2001, le Monitoring de la biodiversité en Suisse relève périodiquement l'état de la biodiversité.

(Keystone)

Mauvais élève en terme de protection de la diversité biologique, la Suisse souhaite profiter de 2010 décrétée par l’ONU «Année de la biodiversité» pour éveiller les consciences. Elle présentera son plan mardi 12 janvier. Explications.

La Suisse prend les choses en mains. Pour marquer l’année de la biodiversité, les services du ministre de l’environnement se sont mis à table avec une série d’ONG pour mettre au point un programme d’événements jalonnant 2010.

Objectif: faire comprendre au grand public ce que signifie la biodiversité et comment il est possible de la renforcer. Les détails de ce programme seront annoncés mardi 12 janvier.

En parallèle, la Confédération planche sur une stratégie nationale de protection de la diversité biologique. Elle devrait passer devant le Parlement courant 2011. L’absence d’un tel plan d’action national était une des principales critiques adressées à la Suisse par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Dans un rapport daté de 2007, l’organisation constatait aussi que davantage de plantes et d’animaux sont menacés en Suisse que partout ailleurs en Europe.

«Il est vrai que l’OCDE a pointé la biodiversité comme un point faible de la politique environnementale de la Suisse», confirme Elisabeth Maret, porte-parole de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV).

«La nécessité d’agir est claire. Il est clair aussi que la biodiversité en Suisse n’est pas garantie à long terme. Nous avons perdu beaucoup dans ce domaine, particulièrement en termes de milieux naturels, depuis le 19e siècle.»

Plus de 220 espèces de la flore et de la faune ont disparus de Suisse ces 150 dernières années. Quasiment la moitié de la faune locale figure actuellement sur la liste rouge des espèces menacées. Et plus du tiers des fougères et des plantes à fleurs, comme aussi les lichens, sont en danger.

Elisabeth Maret ajoute que ces changements s’observent ailleurs sur la planète en raison de l’urbanisation et de la croissance démographique. Mais selon elle, la situation est stabilisée en Suisse grâce aux mesures prises ces quinze dernières années.

Des mesures contraignantes

La stratégie nationale en question est développée par les services du gouvernement en collaboration avec les organisations concernées. Elle devrait établir des mesures contraignantes, avec pour visée le maintien durable de la biodiversité, dont la richesse doit être suffisante pour permettre l’adaptation aux évolutions (climatiques et environnementales).

«Il est très important que la Suisse mette en place cette stratégie», martèle Roland Schuler, représentant de ProNatura.

«Il s’agit du fondement de toute l’action à venir du gouvernement, en termes de délais et de domaines d’action sur la biodiversité. Cette stratégie est développée assez tardivement si on compare avec d’autres pays en Europe. Nous comptons vraiment qu’elle soit appliquée et donne lieu à une action forte.»

Aux yeux de ce défenseur de l’environnement, la conscience insuffisante des enjeux attachés à la biodiversité a engendré dans le passé un manque de volonté politique: le politique n’a pas développé de plan d’action coordonné, avec pour corollaire une carence de financement.

«Le mix est catastrophique face à la nécessité d’agir. Le public, politiciens compris, n’est pas réellement conscient de ce que fait la biodiversité pour les gens et combien sa perte à long terme détériorera nos vies.»

Un prix et des excursions

Une récente étude de l’OFEV montre d’ailleurs qu’une majorité de la population est au fait du terme «biodiversité» mais n’en perçoit pas toute la portée. Pour la plupart des gens, il fait uniquement référence à la diversité des espèces.

Le programme prévu pour 2010 inclut des activités dans les zoos du pays et des excursions sur le terrain. A noter aussi la remise d’un prix Nature et la tenue du 5e Salon Natur de Bâle consacré cette année à cette thématique.

«L’objectif de l’année: que chacun parle de la biodiversité, dans la rue et pas seulement parmi les spécialistes. Nous avons souvent l’impression en Suisse que tout va bien dans ce domaine. Ce n’est pas le cas du tout», assure Daniela Pauli, secrétaire exécutive du Forum Biodiversité Suisse – une des organisations partenaires.

«Nous espérons qu’après cette année, les gens sauront que la biodiversité est menacée en Suisse et que cela a son importance pour nos vies. Il ne s’agit pas seulement de plantes ou d’animaux, la biodiversité nous affecte tous dans tous les aspects de notre vie.»

Jessica Dacey, swissinfo.ch
(Traduction/adaptation de l’anglais: Pierre-François Besson)

La biodiversité en Suisse

La biodiversité - ou diversité biologique - est définie comme la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des habitats, selon l’Office fédéral de l’environnement.

La biodiversité est la base de notre vie et rend des services essentiels. Un tiers de nos aliments est tiré de plantes pollinisées par des animaux sauvages. De même, les écosystèmes naturels servent de zones tampon contre les inondations et contribuent à la bonne qualité de l'eau potable.

Les effets du changement climatique sont visibles avec notamment une hausse moyenne observée sur cinq ans d’environ 13 m de la distribution altitudinale des espèces végétales subalpines et alpines.

Toujours selon le Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD), mis en place en 2001 afin de relever périodiquement l'état de la biodiversité, certaines espèces méditerranéennes - des papillons par exemple – trouvent de nouveaux habitats dans les alpes.

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Stratégie nationale

Le gouvernement suisse est en train d’élaborer une stratégie nationale de la biodiversité en coopération avec différentes ONG et groupes d’experts.

L'objectif de cette stratégie est de maintenir durablement une biodiversité et des services écosystémiques aussi riches et aussi réactifs que possible face aux divers changements.

Elle repose sur quatre piliers: l’utilisation durable des ressources, la définition de surfaces de protection en suffisance, la prise en compte du rôle de la biodiversité par l’économie notamment, la volonté de la Suisse d’assumer de manière plus marquée sa responsabilité internationale en matière de biodiversité.

Cette stratégie devrait passer devant le Parlement en 2011.

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