Adolf Ogi au Liechtenstein: l’infiltration du crime organisé n’est plus à l’ordre du jour
Invité par le prince Hans-Adam II, Adolf Ogi, président de la Confédération, est en visite jeudi au Liechtenstein. Un constat: les affaires de blanchiment qui entachent l´image de la principauté ne semblent plus préoccuper la Suisse.
Le Conseil fédéral s’était pourtant montré très ferme au printemps, et notamment Ruth Metzler, en charge du Département de justice et police. Berne ne tolérerait plus que Vaduz, avec laquelle elle partage sa monnaie, continue d’être une terre d’asile pour le crime organisé. Pour le Forum de la stabilité financière, pour le GAFI, comme pour l’OCDE, le Liechtenstein compte parmi les places financières les plus suspectes au monde.
Apparemment la lutte contre le blanchiment d’argent ne sera pas au centre des entretiens prévus entre Adolf Ogi et le prince d’une part, et Mario Frick, le chef du gouvernement de l’autre. Pourtant, le rapport des services secrets allemands, à l’origine de l’affaire, mettait le doigt sur les liens qu’auraient entretenu des banques suisses, notamment l’UBS et l’Union bancaire privée, avec des fiduciaires du Liechtenstein acoquinées à des criminels colombiens ou russes.
Certes, la principauté a pris quelques mesures, comme l’interdiction des comptes anonymes (mais le régime de transition durera deux ans), et l’augmentation du nombre de juges, qui passeront de onze à quatorze (pour une population de 32 000 habitants). Le procureur général de la principauté a également annoncé qu’il collaborerait dorénavant avec la France et la Suisse sur l’affaire Elf.
Toutefois, la Suisse n’est pas la seule à passer l’éponge sur les «erreurs» du Liechtenstein. Alors qu’en printemps dernier deux députés français publiaient un rapport accablant sur ce petit pays, Florence Parly, secrétaire d’Etat au budget, a manifesté le 5 septembre dernier à Vaduz «sa satisfaction dans les efforts du Liechtenstein» et a confirmé «la qualité de la coopération instaurée».
Ian Hamel
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