Berne durcit le ton à l’égard d’Israël
La Suisse réévalue ses relations avec l'Etat hébreu. Avec des conséquences probables sur les échanges économiques et militaires.
«Jusqu’à récemment, nous avions des relations avec un pays engagé dans un processus de paix et qui avait signé des accords avec les autorités palestiniennes. Mais, dimanche dernier, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a lui-même déclaré qu’Israël était en guerre.»
C’est ainsi que le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) – par la bouche de sa porte-parole Muriel Berset Kohen – justifie la décision prise par la Suisse de réévaluer l’ensemble de ses relations avec Israël.
Pour l’heure, selon Muriel Berset Kohen, aucune décision n’a encore été prise. Le DFAE mène actuellement des discussions avec tous les autres ministères concernés, ceux de l’économie et de la défense.
Les mesures envisagées
Concrètement, la Suisse pourrait interrompre ses importations de matériel militaire israélien. Les exportations d’armes suisses vers Israël sont, elles, déjà stoppées depuis plusieurs années.
Sur le plan économique, la Suisse pourrait envisager une application stricte du traité de libre-échange entre Israël et l’AELE (Association européenne de libre-échange).
L’Etat hébreu est en effet soupçonné de contourner ce traité en exportant des produits «made in Israel» qui sont fabriqués dans les territoires palestiniens ou cultivés grâce aux sources d’eau palestiniennes.
L’importation de ces produits pourrait donc être revue. D’autant qu’elle lèse l’économie palestinienne.
Un premier pas
Sans attendre la décision définitive du gouvernement, le DFAE a convoqué mardi l’ambassadeur d’Israël à Berne pour l’informer de ses intentions. Un entretien au cours duquel la Suisse a notamment condamné, une nouvelle fois, les violations du droit humanitaire commises par l’armée israélienne.
La Suisse envisage d’ailleurs de nouvelles initiatives dans le domaine humanitaire. Elle a, par exemple, décidé mercredi d’allouer un million de francs supplémentaires en faveur de la population palestinienne. Des fonds qui seront remis à l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.
swissinfo/Frédéric Burnand
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.