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Cinq villes se disputent l’agence antidopage

Lausanne, ville olympique, gagnera-t-elle le marathon de l'AMA? On le saura bientôt. Keystone Archive

Créé en novembre 1999 dans le but de rétablir la crédibilité du sport face au dopage, le Conseil de fondation de l'Agence mondiale antidopage (AMA)se réunit lundi et mardi à Tallinn (Estonie). A l'ordre du jour, la désignation de la ville qui accueillera son siège.

Cinq villes ont fait acte de candidature: Lausanne, qui accueille déjà le Comité international olympique (CIO) et où l’AMA est installée à titre provisoire depuis sa création, Montréal, Vienne, Bonn et Stockholm. Les trois premières ont été distinguées par le comité d’évaluation de l’AMA comme ayant présenté les meilleurs dossiers.

L’AMA qui regroupe des représentants des pouvoirs sportifs et des Etats, s’est donnée pour mission première d’harmoniser au niveau planétaire les procédures et réglementations de lutte contre le dopage dans le sport de compétition.

Elle est financée depuis sa création intégralement par le CIO mais, à compter de 2002, son budget, arrêté à 30,7 millions de francs suisses, doit être alimenté à parts égales par le CIO et les représentants des Etats membres. L’Europe y sera mise à contribution pour 47,5%, les Amériques pour 29%, l’Asie pour 20%, l’Océanie pour 2,5% et l’Afrique pour 0,5.

Indépendance

Officiellement, «le principal objectif du choix du site est de déterminer, de manière objective et professionnelle, le lieu le plus fonctionnel, pratique, économique et techniquement pertinent, pour accueillir les bureaux de l’AMA», selon le secrétaire général, Harri Syvasalmi.

Mais d’autres facteurs devraient être déterminants: la politique antidopage menée par le pays-hôte, la présence d’autres institutions internationales, et le maintien d’une indépendance de l’AMA vis-à-vis du mouvement sportif, souvent soupçonné de laxisme par les pouvoirs politiques. Lausanne, qui a reçu l’appui des fédérations sportives, et Montréal, défendue par Dick Pound, ont la faveur du pronostic.

La principale opposition à ces deux villes est venue de la France – très sensibilisée à la lutte contre le dopage depuis le scandale du Tour de France 1998 – qui a vigoureusement plaidé en faveur du choix d’une ville de l’Union européenne en raison, selon elle, de l’engagement des pays membres dans la lutte antidopage ainsi que de «leur capacité à garantir à l’AMA un fonctionnement indépendant et transparent».

L’an dernier, les Etats-Unis avaient également fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas que l’AMA reste à Lausanne par crainte d’une influence excessive du CIO et des multiples fédérations sportives ayant élu domicile dans la capitale vaudoise.

Le sort de Dick Pound

Outre la désignation du siège, un autre sujet, bien que non inscrit à l’agenda, retient l’attention: les intentions du Canadien Dick Pound, président de l’organisation depuis sa création, de demeurer ou non à son poste.

Candidat malheureux à la présidence du CIO en juillet dernier, il avait prévu de longue date de ne pas rester à la tête de l’AMA au-delà de décembre prochain. Après sa défaite face à Jacques Rogge, il a en outre proposé de démissionner de ses fonctions au sein du CIO, notamment de la présidence de l’importante commission marketing.

Pound est, depuis, revenu sur ses projets, assurant qu’il occuperait la présidence de l’AMA au moins jusqu’aux Jeux d’hiver de Salt Lake City en 2002, mais ses intentions à long terme demeurent floues.

swissinfo avec les agences

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