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De la Maladière à Anfield Road

Junior doué du FC Fétigny hier, le Fribourgeois est actuellement l'un des piliers de la défense du mythique club anglais de Liverpool.

Révélé à Neuchâtel Xamax, Stéphane Henchoz est passé par Hambourg et Blackburn avant d’atterrir chez les «Reds».

A 28 ans, Stéphane Henchoz semble au sommet de son art. Depuis son arrivée à Liverpool, le défenseur fribourgeois n’a eu cesse de progresser. Il forme désormais, en compagnie du Finlandais Sami Hyypiä, une des paires d’arrières centraux les plus imperméables d’Europe.

Le constat ne souffre d’aucune discussion. Et nombreux sont les entraîneurs qui, comme Gérard Houllier, aimeraient posséder ce défenseur de talent dans leur effectif. Le Français le sait bien et il ne tarit d’ailleurs pas d’éloge sur son protégé suisse.

«C’est vraiment un défenseur central exceptionnel, déclare-t-il à qui veut l’entendre. Avec Stéphane on gagne des matches. Quand il est arrivé à Liverpool je savais qu’il ferait une grande carrière.»

Considéré comme une star en Angleterre, le Fribourgeois est un homme heureux: «Je suis fier de porter le maillot de Liverpool. Il représente énormément. Je n’avais jamais pensé me retrouver là un jour.»

Une déconcertante impression de facilité

International à 55 reprises déjà, Stéphane Henchoz accomplit une carrière exemplaire. C’est à 17 ans qu’il fait ses grands débuts en Ligue nationale A avec Neuchâtel Xamax. Bientôt courtisé par les Grasshoppers, il mettra pourtant le cap sur Hambourg et la Bundesliga allemande pour deux saisons.

«A l’époque nous voulions faire signer Stéphane à GC», se rappelle l’actuel entraîneur du FC Bâle Christian Gross.

Avant d’ajouter: «Mais comme on ne pouvait pas lui promettre une place de titulaire indiscutable, il est parti à Hambourg. Et bien lui en a pris puisqu’il réussit à la perfection sa carrière internationale, preuve de son immense talent et de ses qualités humaines.»

En 1997, le Fribourgesois fait ses valises et traverse la mer du nord pour les poser à Blackburn. Lors de sa seconde saison au pays de sa Majesté, les «Rovers» sont relégués en 2ème division.

Mais son talent n’a pas échappé aux éminences grises du prestigieux club de Liverpool qui décident de s’offrir ses services.

La saison 2000/2001 sera celle de la consécration puisqu’avec les «Reds», Stéphane Henchoz remporte coup sur coup la Coupe d’Angleterre, la Coupe UEFA, la Coupe de la League et la Super Coupe d’Europe. Cette saison il participait à sa seconde campagne en Ligue des champions.

L’ascension du défenseur suisse est fulgurante. Pour peu, son remarquable parcours touche à l’évidence tant il semble avoir été simple et sans problèmes.

«Je n’ai jamais pensé devenir professionnel, avoue Stéphane Henchoz. Je n’y ai même jamais rêvé tant cela me paraissait impossible. Mais à force de travail et de sérieux, les choses se sont enchaînés et je me retrouve aujourd’hui dans un championnat de très haut niveau.»

Une seule ombre au tableau

Seule ombre dans ce magnifique tableau, une bourde mémorable en équipe nationale contre la Slovénie. A Bâle le 6 juin 2001.

A la 82ème minute d’un match très important, le Fribourgeois manque un contrôle et offre la balle du seul but de la rencontre à Cimirotic.

Condamné dès lors au sans-faute, la Suisse est virtuellement éliminée de la course à la Coupe du monde 2002. Trois mois plus tard, tous les doutes sont levés: la Suisse n’irait pas au Japon et en Corée.

Pire, la crise éclate au sein de l’équipe et Stéphane Henchoz et Stéphane Chapuisat claquent la porte de la Nati. Avant de renouer bientôt le dialogue avec l’entraîneur national.

«Nous repartons à zéro, je me réjouis de rejouer avec la Suisse», relève alors le défenseur lors de son retour.

Une élimination difficile à digérer

Mardi soir lors de l’ultime rencontre du premier tour de la Ligue des Champions entre Bâle et Liverpool, Stéphane Henchoz n’était pas sur le terrain du Parc Saint-Jacques.

Blessé, le Fribourgeois a suivi, la mort dans l’âme, l’élimination des «Reds». «Pour nous c’est un choc», avoue-t-il.

Avant de conclure: «Je n’ai pas pu jouer beaucoup de matches en Ligue des Champions et j’aurais bien voulu continuer un peu en décembre.» Gageons que ce ne soit que partie remise.

swissinfo/ Mathias Froidevaux à Bâle

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