Entre diplomatie et discours guerrier
Le président George W. Bush et les principaux responsables de l'administration américaine brandissent la menace envers les pays qui abriteraient les commanditaires des attentats qui ont endeuillé les Etats-Unis. Le premier concerné est l'Afghanistan. Le Pakistan s'est engagé à tenter une action de médiation.
Celui qui abrite le terroriste d’origine saoudienne Oussama ben Laden risque de subir la « colère totale des Etats-Unis », a averti dimanche le vice-président américain Dick Cheney en laissant entendre que les talibans au pouvoir à Kaboul pouvaient devenir la cible des foudres de Washington.
Dans le même temps, et bien qu’il soit le premier soutien des talibans, Islamabad va demander au régime de Kaboul de livrer Oussama ben Laden. Une délégation pakistanaise doit se rendre lundi à Kandahar dans le sud de l’Afghanistan, principal fief des taliban, pour leur lancer un ultimatum.
La traque est lancée
En clair, ils livrent Oussama ben Laden ou ils peuvent s’attendre à des représailles massives de la part d’une coalition internationale antiterroriste. Reste à savoir si le milliardaire d’origine saoudienne, et suspect numéro un dans les attaques terroristes aux Etats-Unis, est toujours en Afghanistan? Dick Cheney a reconnu qu’il n’y avait actuellement aucun moyen de le savoir.
Selon le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, Oussama ben Laden n’est cependant qu’une partie du problème. La vague terroriste «est bien plus importante qu’une seule personne», a-t-il souligné.
Adapter la législation
Et pour punir les commanditaires des attentats, encore faut-il que l’enquête avance. Si 25 personnes ont été placées en garde à vue, les seules poursuites envisagées concernent de possibles violations des lois sur le séjour en territoire américain. De manière plus intéressante, deux hommes ont aussi été arrêtés à New York, l’un d’entre eux en tant que possible «témoin matériel».
L’administration américaine songe déjà à alourdir la législation anti-terroriste. Le ministre américain de la justice, John Ashcroft, a annoncé qu’un texte serait déposé cette semaine devant le Congrès pour accroître les pouvoirs des enquêteurs. Le recours accru aux écoutes téléphoniques en fait notamment partie.
Sauveteurs toujours à l’œuvre
Sur le terrain, les recherches et le déblaiement se poursuivent. A New York, les secours font surtout de macabres découvertes. Dimanche, 180 cadavres avaient été dégagés tandis que plus de 5.000 personnes sont toujours portées disparues.
A Washington, le toit d’une partie du bâtiment du Pentagone endommagé s’est effondré sans faire de nouvelles victimes parmi les sauveteurs. 188 personnes y manquent toujours à l’appel. A ce bilan s’ajoutent les 269 personnes qui se trouvaient dans les quatre avions détournés.
Place un quotidien
Toutefois, la vie normale reprend ses droits. Le championnat de base-ball reprend lundi tandis que doivent rouvrir les marchés financiers, au premier rang desquels Wall Street.
George W. Bush a émis l’espoir que les mesures qui ont été prises «permettront à l’économie américaine de continuer». D’ores et déjà, les compagnies aériennes sont les premières affectées, Continental Airlines ayant annoncé une diminution de 20% de ses vols et la mise en chômage technique de 12.000 employés, soit plus du cinquième de ses effectifs.
swissinfo avec les agences
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