Fin de partie pour Léon Gaon
Après cinq ans de procédure, la compagnie Granadex n'échappe pas à la faillite. Léon Gaon a été inculpé vendredi.
A la tête de la société, il s’est montré aussi pugnace que son frère Nessim. Mais il aura été moins chanceux.
Le juge d’instruction genevois Daniel Devaux a en effet prononcé deux inculpations dans le cadre de l’affaire Granadex.
Le fondateur de la société Granadex Léon Gaon et son fils David sont accusés de faux dans les titres.
L’expert-comptable Jacques Perrot ainsi que l’un de ses anciens collaborateurs figurent aussi sur le banc des accusés pour le même titre d’accusation.
«Les faits qui nous sont reprochés datent de 1992», a souligné Jacques Perrot. Ce dernierles conteste formellement.
En Suisse, les sursis concordataires ne durent pas plus de deux années, du moins pour le commun des mortels. Mais les frères Gaon ne sont pas des gens ordinaires.
L’aîné, et le plus connu, Nessim Gaon, avait tenu quatre ans, de 1994 à 1998, avant d’être sauvé par un homme d’affaires français, Jean Rouch.
Léon Gaon, le cadet, a résisté cinq ans, de 1997 à 2002. Mais sa société active dans le négoce des produits oléagineux n’échappe pas à la faillite.
Jean Rouch est bien venu à sa rescousse, mais il n’a rien pu faire. Granadex est un véritable gouffre financier: 494,5 millions de francs de créances produites. Et les actifs sont inexistants.
Manque de chance? Peut-être. Léon Gaon se retrouve face au juge d’instruction le plus pugnace de Genève, Daniel Devaud. Ce magistrat s’est notamment illustré en traquant l’argent des ventes d’armes vers l’Angola, pays en guerre.
Plainte de la BCGe
Le 22 novembre 1999, la Banque cantonale de Genève (BCGe) a déposé une plainte pénale contre Léon Gaon et son fils David. La société Granadex, créée en 1963, et autrefois très active en Argentine dans les oléagineux et l’élevage, doit beaucoup d’argent à l’établissement genevois.
«La BCGe et la Fondation de valorisation réclament quelque 140 millions», écrit Le Temps de mercredi. Et la banque cantonale accuse les dirigeants de Granadex d’avoir falsifié leur comptabilité pour retarder la chute de la société.
Quant à Nessim Gaon, s’il a pu théoriquement sauver sa société Noga, en revanche, il a définitivement perdu son plus prestigieux fleuron, le Noga Hilton.
Après une bataille acharnée, lui et sa famille ont dû abandonner les clés du palace genevois. Certaines rumeurs laissent entendre que l’hôtel pourrait être débaptisé.
swissinfo/Ian Hamel
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