Football: le champion suisse à deux doigts de la débâcle
Encore deux matches et le couperet tombera en Ligue nationale A. Champion suisse en titre, Servette est dans une situation très périlleuse. Et seule une réaction salutaire permettra aux «grenats» de ne pas sombrer dans les affres du tour de relégation.
Encore deux matches et le couperet tombera en Ligue nationale A. Champion suisse en titre, Servette est dans une situation très périlleuse. Et seule une réaction salutaire permettra aux «grenats» de ne pas sombrer dans les affres du tour de relégation.
Décrocher le titre national, c’est bien. Savoir le gérer, c’est encore mieux. Dans un passé récent, le FC Sion, sacré en juin 1997, avait connu une chute vertigineuse, le menant en droite ligne en LNB. Pour Servette, le mal est encore plus sournois qu’imprévisible. La folle soirée du 2 juin 1999, où les Genevois avaient cueilli avec brio à Lausanne leur trophée apparaît bien lointaine. A tel point qu’aujourd’hui, les ambitions ont disparu. Le controversé directeur général Patrick Trotignon et le président Christian Hervé s’efforcent de recoller des pots qu’ils ont en partie eux-mêmes cassés.
Au classement, Servette pointe au 9e rang, soit sous la barre fatidique significative de qualification pour le tour final avec 20 matches et 25 points, mais surtout avec un programme démentiel pour une équipe à la recherche de ses marques et pour laquelle, selon son international Johann Lonfat, «l’engagement d’un psy serait le meilleur renfort possible». Dimanche, les Servettiens recoivent le Grasshopper de Roy Hodgson et Stéphane Chapuisat (il est vrai lui aussi décevant), et termineront dans une semaine sur le terrain de la meilleure équipe du pays: le FC Saint-Gall, fringant leader.
Dimanche dernier, une poignée de supporters a très mal digéré la défaite subie contre Yverdon, invectivant plusieurs joueurs et Patrick Trotignon. Les proches du club n’ont toujours pas pardonné aux hommes de Canal , les propriétaires, d’avoir limogé de façon abrupte le Genevois Gérard Castella, l’homme du titre national. Et depuis son éviction et la mise en place d’un Français venu de nulle part, René Exbrayat, la situation n’a cessé d’empirer: une victoire pénible en Coupe à Martigny, deux petits nuls en championnat et surtout deux défaites lors des deux dernières rondes. «Servette n’est pas seulement en crise depuis trois semaines, mais bien depuis plusieurs mois», lance son libéro Stefan Wolf. Aveu de faiblesse ou prise de conscience salutaire?
Olivier Breisacher
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