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Israël n’accepte pas les critiques

Après la diplomatie, c'est la rue qui a réclamé samedi le retrait d'Israël des territoires autonomes. swissinfo.ch

Samedi, 10 000 personnes ont manifesté leur soutien au peuple palestinien sur la Place fédérale.

Mardi dernier, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) convoque Yigal Antebi, ambassadeur d’Israël à Berne. La diplomatie suisse exige alors le retrait des troupes israéliennes des territoires autonomes et la liberté de mouvement pour Yasser Arafat.

Dimanche, au lendemain de la manifestation qui a réuni 10’000 personnes sur la Place fédérale, le représentant de l’Etat hébreu réagit aux critiques suisses dans une interview accordée à l’hebdomadaire SonntagsBlick. M. Antebi se dit «touché» par les réactions helvétiques. Toutefois, s’il affirme les comprendre, il ne peut pas les accepter.

L’ambassadeur ajoute qu’il a fait part au secrétaire d’Etat Franz von Däniken des raisons pour lesquelles il rejette ces critiques. Mais il refuse de les exposer au journal alémanique.

Normalisation

«Il y a un certain nombre de problèmes entre la Suisse et Israël», reconnaît M. Antebi. Qui se dit cependant persuadé que les relations entre les deux Etats se normaliseront rapidement. Ainsi, l’ambassadeur ne croit pas que la Suisse limitera ses achats de matériel militaire israélien, comme il en a beaucoup été question durant la semaine écoulée et au cours de la manifestation de samedi.

Quant à la destruction du bureau palestinien de la statistique à Ramallah – une réalisation cofinancée par la Suisse -, le représentant de l’Etat hébreu estime que son gouvernement n’a pas à rembourser les dommages. «Il ne s’agit que d’une maison», qui de plus n’a pas été «détruite», mais «endommagée», déclare M. Antebi.

Respecter le droit humanitaire

La Suisse n’en prépare pas moins une nouvelle initiative diplomatique pour renforcer le respect du droit humanitaire au Proche-Orient. Berne a pris des contacts avec des représentants israéliens et palestiniens de même qu’avec des acteurs-clé, dont les Etats-Unis.

C’est ce qu’a fait savoir dimanche Daniela Stoffel, porte-parole au DFAE, confirmant des déclarations de l’ambassadeur Blaise Godet au SonntagsBlick et à la NZZ am Sonntag.

L’idée de cette initiative est née après la conférence convoquée de décembre dernier à Genève consacrée aux violations du droit humanitaire dans les Territoires palestiniens. A l’heure actuelle, la Suisse estime que la IVe Convention de Genève n’est plus respectée.

Un Genevois à Ramallah

Toujours dans la presse dominicale, Le Matin Dimanche publie un entretien avec Christophe Delmère, qui se trouve depuis une semaine avec d’autres militants occidentaux à l’intérieur du quartier général de Yasser Arafat à Ramallah.

Cet aiguilleur du ciel genevois de 34 ans espère, par sa présence et celle de ses camarades, «empêcher une attaque israélienne» contre le président palestinien. Selon le jeune Suisse, malgré le rationnement en nourriture et en eau, le moral au sein du QG est bon. Yasser Arafat «espère que la communauté internationale va finir par intervenir», et se dit «toujours ouvert à des discussions de paix».

Régime d’apartheid

La situation en Palestine, Pierre Vanek a pu s’en faire une idée au cours de sa récente mission sur place. Genevois lui aussi, ce membre du parti de gauche SolidartiéS dénonce «les colonies de peuplement illégales au sens des Conventions de Genève» que l’Etat hébreu a installé dans les territoires autonomes.

«Nous l’avons vu de nos yeux, c’est un véritable régime d’apartheid qui est en train de mettre en place, affirme Pierre Vanek. Nous dénonçons bien sûr les attentats contre les civils, mais le terrorisme principal qui s’exerce là-bas, c’est le terrorisme d’Etat pratiqué par Israël».

Tolérance et dignité

Des arguments repris par la plupart des orateurs à la manifestation bernoise de samedi en faveur du peuple palestinien. Ainsi, la conseillère nationale écologiste vaudoise Anne-Catherine Menétrey s’est dite «horrifiée» par le plan «machiavélique» du gouvernement Sharon qui vise rien moins que «de chasser les Palestiniens».

La manifestation s’est déroulée sans incident majeur, si ce n’est au moment où un Suisse d’origine juive a tenté d’accéder à la tribune et qu’il en a été empêché. «Cela m’a choquée, admet Anne-Catherine Menétrey. Cette manifestation devrait se dérouler dans la dignité et nous ne devons jamais oublier qu’il y a des forces de paix aussi en Israël».

swissinfo

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