L’hymne à l’indépendance de Silvano Beltrametti
Vingt-six jours après l'accident qui l'a rendu paraplégique, le Grison s'est adressé à la presse jeudi. Il a notamment évoqué son avenir.
Assis sur sa chaise roulante, Silvano Beltrametti s’est exprimé lors d’une conférence de presse au Centre suisse de paraplégiques (CSP), à Nottwil.
Le visage parfois souriant, parfois plus fermé. Comme lorsqu’il se remémorait sa journée du 8 décembre, la descente fatale de Val d’Isère.
«J’ai encore beaucoup d’images dans la tête. Je sais exactement ce qui s’est passé. J’ai voulu faire une correction car j’avais perdu mon équilibre. Mon ski gauche est parti et m’a dirigé droit sur le filet. J’aurais pu passer 500 fois à cet endroit, je ne serais sorti qu’à une reprise», a expliqué le skieur, âgé de 22 ans.
Après les soins intensifs, la rééducation
Silvano Beltrametti vient à peine de sortir des soins intensifs. «Son opération du 19 décembre, qui a duré plus de cinq heures, s’est bien passée», confirme le Dr Guido A. Zäch, directeur du CSP. Le Grison commence désormais sa rééducation, qui va durer de quatre à cinq mois.
«Il y aura bien sûr les soins, les thérapies, la musculation du haut du corps, pour qu’il puisse atteindre le maximum de ses possibilités. Et également tout un travail pour préparer sa vie future, familiale, sportive et sociale», explique le Dr Dieter Michel, médecin en chef du CSP.
Une vie indépendante
«Je veux essayer de mener une vie complètement indépendante. Je dois me définir de nouveaux objectifs aussi vite que possible et travailler pour les atteindre. C’est important d’avoir de nouveaux rêves. Mon but n’est pas de devenir un sportif en chaise roulante», confie Silvano Beltrametti.
«J’ai connu beaucoup de hauts et de bas depuis mon accident. J’ai beaucoup appris. Ce n’est pas facile, car je vivais 24 heures sur 24 pour le sport, pour le ski. Et tout s’est arrêté en quelques secondes», ajoute le jeune homme. Charpentier de profession, il ne pourra plus non plus exercer son premier métier.
«Je reste un battant»
«Je ne suis pas encore capable de regarder les courses de ski à la télévision. Les souvenirs sont trop forts et je travaille toujours sur ce qui est arrivé. Je suis de tout cœur avec l’équipe de Suisse», déclare encore le Grison.
Il tient aussi à remercier les quelque 8000 personnes qui lui ont apporté leur soutien. «Cela me donne des forces de savoir qu’autant de personnes sont derrière moi. J’ai accepté très tôt mon destin. Cela aurait pu être pire. Je remercie Dieu d’être encore là, de pouvoir parler et penser. J’étais un battant sur les skis, je le reste maintenant. Je suis le même», conclut Silvano Beltrametti.
swissinfo avec les agences
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