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La justice genevoise porte un coup à un célèbre trafiquant d’armes

L'affaire remonte à 1992. Laurent Kasper-Ansermet, alors procureur à Genève, bloque les comptes en Suisse de Monzer Al-Kassar, soupçonné de trafic d'armes au profit de la Bosnie et de la Croatie. Après neuf ans de procédure, la Chambre pénale donne raison au magistrat et confisque plus de 3 millions de dollars.

La justice genevoise a toujours pensé qu’il fallait frapper là où ça faisait le plus mal, c’est-à-dire au portefeuille. En juin 1992, alors que le trafiquant syrien (il est lié par sa femme à la famille du président) est arrêté en Espagne, le magistrat Laurent Kasper-Ansermet lui confisque à Genève 6 millions de dollars, notamment sur des comptes ouverts à l’Audi Bank.

Une longue bataille

C’est le début d’une intense bataille judiciaire qui dure depuis près d’une décennie. Face à ce personnage, soupçonné d’avoir été mêlé à la prise d’otages du paquebot italien «Achille-Lauro», perpétrée en 1985 par des terroristes palestiniens, la justice de la Cité de Calvin sort la grande artillerie.

Pour la première fois, elle applique à l’encontre de Monzer Al-Kassar les nouvelles dispositions sur le crime organisé fraîchement introduites dans le Code pénal suisse. Et pour la première fois, un Tribunal se saisit de fonds issus de ventes d’armes qui sont en infraction avec la législation étrangère. Et cela sans qu’il soit nécessaire que les armes aient touché le territoire suisse.

Le trafiquant syrien est accusé d’avoir acheté en Pologne des kalachnikovs et des armes anti-chars pour des pays de l’ex-Yougoslavie en 1992, en violation de l’embargo international en vigueur dans les Balkans.

Genève devrait récupérer l’argent

François Canonica, l’avocat de Monzer Al-Kassar, n’a guère ménagé sa peine pour récupérer les avoirs de son sulfureux client. La justice genevoise ne pourra finalement bloquer que 3,3 millions de dollars, directement liés à ce trafic. Le solde provenant d’autres opérations.

«C’est normalement l’Etat de Genève qui devrait récupérer cet argent», souligne avec satisfaction Laurent Kasper-Ansermet. Si Monzer Al-Kassar n’a toujours pas été jugé pour cette affaire, il n’en a pas pour autant terminé avec la justice. L’Argentine le soupçonne d’être aussi mêlé à une vente d’armes par l’Argentine à la Croatie.

L’enquête ne dit pas si le marchand d’armes syrien a ouvert d’autres comptes en Suisse à l’occasion de ce nouveau trafic.

Ian Hamel

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