La justice va faire parler l’ordinateur d’Alfred Sirven
Avant de fuir, Alfred Sirven avait laissé son ordinateur à sa collaboratrice à Genève. La justice vient de le récupérer.
Embauchée par Elf Aquitaine International à Genève, Barbara B. avait suivi Alfred Sirven en 1993. Licencié de la compagnie pétrolière, ce dernier créait la société GF Interénergie, également domiciliée dans la Cité de Calvin.
En 1997, cerné par la justice française et suisse, Alfred Sirven décide de quitter son domicile à Genève (il possédait un permis «C») pour se réfugier en Asie. Il charge sa fidèle collaboratrice d’organiser son déménagement. Barbara B., qui dispose d’une villa à Hermance, près de la frontière française, récupère les affaires du fugitif.
Cette femme énergique et très discrète n’a, curieusement, jamais été interrogée par la justice. Contactée à plusieurs reprises par swissinfo, elle répond systématiquement ne rien avoir «à déclarer», avant de raccrocher.
Un vieil IBM en Haute-Savoie
Le quotidien français Le Parisien lui a consacré un long article en début de ce mois, intitulé «Barbara veille sur les archives secrètes d’Alfred Sirven». Mais son envoyé spécial à Genève n’était pas parvenu à la rencontrer.
Toutefois, la collaboratrice de l’ancien numéro 2 d’Elf ne s’est pas montrée assez prudente. En effet, Barbara a bien conservé dans sa cave les archives de l’ancien fugitif, mais elle s’est débarrassée de son ordinateur, un vieil IBM.
L’ordinateur est arrivé chez des proches de Barbara, domiciliés à quelques centaines de mètres de chez Barbara B., mais de l’autre côté de la frontière. Les gendarmes de Douvaine, en Haute-Savoie, viennent de mettre la main sur le précieux engin. Ils vont l’expédier à la brigade financière parisienne.
La justice suisse, qui n’a pas fermé le dossier Elf, pourrait être conduite à convoquer la fidèle collaboratrice d’Alfred, un homme soupçonné d’avoir détourné près de 400 millions de francs. Barbara B. percevait-elle un simple salaire de secrétaire?
swissinfo/Ian Hamel
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