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La SGS prisonnière du jeu politique philippin

La Société générale de surveillance est dans le collimateur de l'un des sénateurs les plus influents des Philippines.

La SGS n’est pas sortie de l’auberge. Deux mois après avoir obtenu de haute lutte l’accord du gouvernement philippin pour le remboursement d’une dette de 192 millions de francs, elle est vivement attaquée à Manille.

Au sein de par la commission des finances du Sénat, John Henry Osmena reproche à son gouvernement d’avoir «trop avantagé» la firme Suisse.

La directrice générale adjointe des douanes, elle, ne cache pas son étonnement. Emma Rosqueta souligne, en l’occurrence, «l’empressement des pouvoirs publics» dans cette affaire.

Selon elle, le gouvernement serait plus soucieux de «soigner l’image du pays que d’économiser les deniers publics».

Les ennemis de la SGS

La SGS est en fait prisonnière du jeu politique philippin. La plupart des contrats pour lesquelles elle n’a pas été payée ont été signés par les administrations précédentes.

Puis, ils ont été dénoncés par l’ancien président Joseph Estrada. Qui croupit, aujourd’hui, en prison pour corruption.

La majeure partie de cette dette provient des services de contrôle aux douanes que la SGS avait été chargé d’effectuer, dans les années 1990, pour décourager la corruption des administrations concernées et des entreprises importatrices.

«Ces contrôles nous ont valu beaucoup d’ennemis qui sont aujourd’hui décidés à tout faire pour bloquer le remboursement», reconnaît une responsable du bureau de la SGS à Manille, jointe par téléphone.

Une question de principe

De son côté, Le gouvernement défend l’accord du 19 décembre. «Il est équitable, estime le secrétaire adjoint aux finances. Et la somme correspond aux justes honoraires de la SGS.»

Cornelius Gizon rappelle en outre que la présidente philippine, Gloria Magapagal, a fait de ce règlement «une question de principe». Et elle veut l’utiliser pour tenter de «rassurer les investisseurs étrangers».

Le problème, c’est le calendrier. Aux Philippines, un accord n’est que la partie émergée de l’iceberg. Obtenir ensuite qu’il soit respecté peut nécessiter des années de tractations en coulisses.

Les parlementaires hostiles au remboursement de la SGS peuvent donc faire traîner les choses en longueur. D’autant que le sénateur John Henry Osmena est l’un des hommes les plus influents de l’archipel.

La firme genevoise, qui a accepté d’abandonner certaines créances «pour tenir compte des difficultés budgétaires philippines» va devoir encore patienter avant de recevoir son dû.

swissinfo/Richard Werly

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