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La Suisse aux Mondiaux de foot des sans-abris

En préambule de la coupe du monde de football de rue pour sans abris qui se tient du 6 au 13 septembre à Milan, l'équipe nationale suisse s'entraîne au Tessin. Une occasion pour ces jeunes démunis faire enfin connaissance avec la nature, loin du macadam. Reportage.

Ils s’appellent Urs, Santi, Hayelom, Nathan, Kiflom, Diego et Ivan et ils ont entre 17 et 30 ans. Leur parcours et leurs origines diffèrent, mais tous ont en commun une marginalisation sociale et un urgent besoin de se construire un avenir, de trouver un emploi et un domicile. Et surtout, une dignité au sein de notre société.

Leur passé est difficile, douloureux, et pour certains, marqué par la toxicomanie ou des déboires avec la justice et des séjours derrière les barreaux. Grâce à l’association suisse « surprise strassensport », ils pratiquent le football de rue « pour apprendre à gagner, mais aussi à encaisser des défaites », comme l’explique l’une des trois coresponsables du camp d’entrainement de l’équipe suisse, Lavinia Briet.

Tensions et accès de tristesse

L’animatrice et ses deux collègues Olivier Joliat (responsable du projet) et l’entraineur de l’équipe, David Möller, accompagnent et encadrent les 8 jeunes footballeurs durant le camp d’entrainement de l’équipe, au cœur de la plaine de Magadino, au centre du Tessin.

C’est ici, à Contone, entre champs de maïs et élevages de cochons, que l’équipe nationale suisse a installé son terrain de jeu et d’entrainement. Une vie à la ferme revigorante, qui bouleverse entièrement les habitudes de ces jeunes qui ne connaissent souvent que les trottoirs des cités et une nourriture malsaine et irrégulière.

Cohabiter dans un contexte neuf et se préparer à la compétition n’est pas chose facile pour tout le monde. Parfois, des tensions et des accès de tristesse gagnent certains d’entre eux. « Nous sommes là pour les épauler et les écouter. Cette semaine est consacrée au sport, mais les problèmes humains ne sont pas loin », confie Lavinia Briet.

Pas que des Suisses

Et l’équipe nationale rouge à croix blanche ne compte pas que des joueurs suisses dans ses rangs. Hayelom et Kiflom, deux jeunes et talentueux érythréens défendront aussi la Suisse dans la Péninsule.

« Ils sont ravis d’être ici et de pouvoir participer à un tel événement. Un rien les émerveille et ils n’ont de cesse de témoigner leur gratitude », explique encore l’animatrice. « Malgré la nostalgie de leur pays et de leur famille et toutes les incertitudes qui entourent leur avenir, ils ont toujours le sourire. Leur attitude humble et positive sert aussi d’exemple aux autres ».

« Lorsque les joueurs se retrouvent sur le terrain, les différences d’âge et de nationalité disparaissent et il n’y a plus que le jeu qui compte », relève leur coach, David Möller. Un plaisir du jeu et de la compétition qui doit redonner goût à la vie et qui sait, servir de passerelle à ces jeunes en difficulté.

La leçon du pro

Durant leur séjour à Contone, les footballeurs suisses ont pu profiter d’une séance de préparation spéciale avec un joueur professionnel. Le milieu de terrain, suisse d’origine turque, Gürkan Sermeter, du FC Bellinzone, qui a aussi longtemps évolué dans les rangs du club bernois des Young Boys et du FC Arrau notamment, s’est mis à leur disposition avant leur départ pour Milan.

« Profitez de cette expérience, prenez du plaisir et donnez le meilleur de vous-même. Rappelez-vous que vous défendez les couleurs d’un pays, et ça c’est très important », a-t-il dit aux huit joueurs admiratifs et pendus à ses lèvres, avant de se prêter à une séance photo avec chacun des membres de l’équipe.

Le tiers monde au top

Alors que les équipes nationales européennes accueillent souvent des personnes marginalisées, en proie à diverses dépendances et parfois très marquées par la vie dans la rue ; les équipes nationales du tiers monde peuvent généralement compter sur des joueurs dotés d’une grande forme physique et d’un mental de fer.

« Ces jeunes sont incroyablement bien entrainés et souvent très doués. Ils sont extrêmement motivés et rêvent de faire une carrière dans un grand club européen ! », souligne Olivier Joliat, responsable du projet et coanimateur.

Et sur les chances de la Suisse dans tout ça ? « Nous ferons de notre mieux », assure Oliver Joliat, qui avait été envoyé à Melbourne l’an dernier, pour y représenter la Suisse, absente de la compétition. « Le tournoi de Milan est doté de plusieurs prix, dont la coupe de la ville de Milan et la coupe de la Croix Rouge. Cet événement devrait donc permettre de récompenser plusieurs équipes de niveaux différents», ajoute encore le Bâlois.

Le départ pour la métropole lombarde approche et la fièvre de la compétition commence à gagner les joueurs. Après une semaine de vie à la ferme, ils sont prêts à se mesurer à leurs adversaires venus des quatre coins du monde.

Nicole della Pietra, de retour de Contone au Tessin, swissinfo.ch

La première édition des Coupe du monde de Homeless streetsoccer (HWM) a eu lieu en 2003, à Graz.

Ou? Après l’Autriche, les HWM se sont respectivement déroulés à Göteborg (Suède), à Edinbourg (Ecosse), au Cap (Afrique du Sud), à Copenhague (Danemark) et à Melbourne (Australie).

Cette année, le tournoi réunit 48 formations nationales provenant des 5 continents. Plus de 480 joueurs se retrouveront pour l’occasion à Milan, en plein cœur de la cité, au lieu dit du Parco Sempione.

En 2008. L’équipe nationale d’Afghanistan avait été sacrée championne du monde l’an dernier, à Melbourne.

La belle! Mais le « onze » afghan a été écarté de la compétition cette année. En 2008, les joueurs avaient profité du voyage en Australie pour disparaître dans la nature et éviter de retourner ans leur pays.

Favoris. Cette année, les équipes favorites sont notamment, la Russie, l’Ecosse, la Pologne et le Kenya. La Suisse occupe le 55ème rang, alors que le Japon est le dernier de la liste, et figure à la 63ème position.

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