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La Suisse réfute tout soupçon

Jean-Luc Vez (gauche) et Valentin Roschacher expliquent que la Suisse n'a pas servi de base aux terroristes. Keystone

Les enquêteurs l'affirment avec fermeté. La Suisse n'a pas servi de base arrière aux terroristes dans la préparation des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Pour l'instant, ils ne disposent d'aucun élément concret allant dans ce sens.

«Le secret bancaire ne constitue en rien un problème pour la poursuite pénale en Suisse.» Mardi face à la presse, le procureur général de la Confédération a répondu aux critiques faites à la place financière helvétique. Qui, selon certains, aurait servi de plaque tournante aux fonds liés au terrorisme.

Valentin Roschacher a donc tapé du poing sur la table: pour l’instant, aucun indice ne permet de conclure à une implication de la place financière suisse dans le transfert de fonds pour la préparation des attentats.

Mohamed Atta en transit à Zurich

De façon plus générale, les enquêteurs n’ont pu établir, durant ces trois premières semaines d’enquête, qu’un seul lien entre la Suisse et les attentats du 11 septembre. Son nom: Mohamed Atta, l’un des terroristes à bord d’un des avions qui ont percuté le World Trade Center. Cet Egyptien a transité par l’aéroport de Zurich le 8 juillet dernier.

Les enquêteurs ne savent pas si ce terroriste a quitté l’aéroport durant son halte de quatre heures – ce que son visa l’autorisait à faire. Une chose est sure: il a retiré 1700 francs en quatre fois dans un Bancomat.

Un nouveau compte bloqué

En outre, le terroriste a acheté, avec une carte de crédit, deux couteaux et du chocolat dans un magasin Duty Free. Mais ces couteaux de poche n’ont pas été utilisés durant l’attentat. Ils ont été retrouvés à Boston, dans des bagages bloqués à l’aéroport suite à un retard de correspondance.

Les enquêteurs suisses poursuivent leurs recherches, en particulier dans le secteur financier. Un nouveau compte a été bloqué en raison de soupçons signalés au Bureau de communication en matière de blanchiment. Alors que le blocage du compte ordonné le 19 septembre dernier a dû être levé ce mardi.

Une demande d’entraide judiciaire aux Etats-Unis

Quant à la société Al Taqwa, à Lugano, il n’existe actuellement aucun élément permettant de faire un lien entre ses comptes et Oussama ben Laden. Aucun compte n’a donc été bloqué, mais l’autorité de lutte contre le blanchiment d’argent poursuit ses investigations.

La Suisse entend présenter cette semaine une demande d’entraide judiciaire aux Etats-Unis. But de l’opération: trouver un maximum d’informations. «Nous utilisons toutes les voies, formelles et informelles», souligne Jean-Luc Vez. Le chef de l’OFP ajoute que la coopération entre Etats, un peu difficile au départ, fonctionne désormais mieux.

La Suisse a également proposé à un ou deux agents du FBI d’intégrer l’organe de coordination de l’enquête en Suisse, baptisé «Task Force Terror USA». Un organe qui a recueilli plusieurs centaines de renseignements des Suisses.

Caroline Zuercher

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