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La Suisse veut-elle encore du Forum de Davos?

Le Waldorf Astoria, à New York, qui abritera dès le 31 janvier le Forum économique mondial. Keystone Archive

Le Forum économique mondial, qui se tient cette année à New York, reviendra-t-il à Davos? Le Conseil fédéral en discute mercredi.

La nouvelle avait fait son petit effet, en novembre dernier. Le Forum économique mondial, qui réunit chaque année des milliers de hauts responsables économiques et politiques, déménageait à New York, après plus de trente ans de fidélité avec la station grisonne.

Moins de trois mois plus tard, c’est fait, ou presque. La réunion s’ouvre la semaine prochaine à l’hôtel Waldorf Astoria, en plein Manhattan. Mais une question se fait d’autant plus pressante: le Forum reviendra-t-il en Suisse après son escapade new-yorkaise?

Offrir deux garanties importantes

Tant le Conseil fédéral que le gouvernement des Grisons, ou encore les autorités locales, ont affirmé ces derniers mois leur souhait de voir le Forum 2003 se tenir à Davos. Le Conseil fédéral doit justement en discuter mercredi. Le conseiller d’Etat grison Klaus Huber devrait d’ailleurs faire le voyage de Berne pour l’occasion.

Pour que le Forum revienne, les autorités suisses vont devoir offrir des garanties, sur deux points principalement. La sécurité, tout d’abord. «Nous voulons des assurances que cet aspect sera bien organisé, qu’il n’y aura pas de changements de dernière minute», précise André Schneider, directeur administratif du Forum.

Qui met quelles forces de sécurité à disposition? Et qui paye quoi? Il faudra répondre à ces questions. Car même si le motif officiel du déménagement à New York est de démontrer sa solidarité avec la ville frappée par les attentats du 11 septembre, les atermoiements des autorités suisses ont sans doute pesé dans la balance.

Ce qui irrite d’ailleurs Xavier Comtesse, directeur-adjoint de la fondation Avenir Suisse: «Le gouvernement suisse n’a pas senti que l’une de ses grandes tâches est la sécurité. Si l’Etat n’est pas capable de mettre 10 millions pour la sécurité d’un forum, cela m’inquiète en tant que simple citoyen.»

Quid du projet de Peter Arbenz?

La semaine passée, le Département de Ruth Metzler annonçait que les cantons ainsi que la ville de Zurich (seule à disposer en Suisse alémanique de forces de polices rompues au contrôle des manifestations) étaient prêts à soutenir les Grisons, pour garantir la sécurité d’un éventuel Davos 2003.

Un signe positif, mais nuancé toutefois par les autorités de la Ville de Zurich. «Notre position n’a pas changé depuis le mois de septembre, relève Reto Casanova, porte-parole du Département de la police. Nous sommes prêts à envoyer des policiers à Davos, mais seulement si la situation reste calme à Zurich. Nous ne pourrons le décider que peu de temps à l’avance.»

Autre point à clarifier: les contours du projet «Spirit of Davos», lancé par l’ancien haut fonctionnaire Peter Arbenz, dans un rapport commandé par le canton des Grisons. Il s’agirait de créer une plate-forme de dialogue entre le Forum lui-même et ses critiques, certaines organisation non-gouvernementales (ONG) notamment.

«C’est une très bonne idée, mais il faut voir dans quel sens cela ira», commente André Schneider. Or, du côté des ONG, c’est plutôt le scepticisme qui règne. «Nous avons essayé de nouer nous-mêmes le dialogue avec le Forum», explique Matthias Herfeldt, de la Déclaration de Berne, organisatrice depuis deux ans d’une contre-conférence, le Public Eye on Davos.

«Mais nous avons eu l’impression que pour son président, Klaus Schwab, c’était plutôt un instrument de relations publiques», poursuit Matthias Herfeldt. Ce dernier reconnaît en outre avoir éprouvé une certaine méfiance vis-à-vis de Peter Arbenz, perçu comme trop proche du Forum économique mondial.

Une réunion intermittente

La prise de position du Rassemblement l’Olten, dont font partie notamment l’association Attac et le syndicat Comedia, est encore plus nette. Le Rassemblement appelle au boycott du «Spirit of Davos» et promet d’organiser une nouvelle manifestation en janvier 2003, si le Forum revient à Davos.

Sécurité, intégration des ONG. Reste encore un point à clarifier, dans l’optique du Forum. «Nous aimerions à nouveau sentir que nous sommes les bienvenus», déclare André Schneider. Mal aimé, le Forum? «On pouvait un peu se poser la question l’année passée, juste avant notre décision, notamment en voyant les médias», continue le directeur administratif.

C’est en tous cas bel et bien au Forum lui-même que reviendra le dernier mot. Davos, New York ou ailleurs encore? La décision doit tomber à l’issue de la rencontre annuelle, le 4 février.

L’hebdomadaire alémanique SonntagsZeitung croyait la connaître déjà: à l’avenir, la réunion n’aurait lieu à Davos que de manière intermittente. Mais André Schneider se refuse à confirmer ce scénario d’un Forum itinérant. «C’est une idée, comme une autre, qui circule.»

Pierre Gobet, Zurich

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