Le président Bush a les mains libres pour riposter
Le président George W. Bush a les mains libres pour agir contre les responsables des attentats aux Etats-Unis. Après le Sénat, la chambre des Représentants a adopté dans la nuit de vendredi à samedi une résolution l'autorisant à faire usage de la force.
En conséquence, le président pourra ordonner des frappes, que ce soit contre des groupes d’individus ou des pays accusés d’avoir «organisé, autorisé, commis les attentats terroristes», ou d’y avoir «aidé».
Soutien russe
Fort de ce soutien à l’intérieur du pays, le président américain a encore reçu samedi un appui renforcé de la Russie. Le président Vladimir Poutine a estimé que le «mal devait être puni». Son ministre des Affaires étrangères a même implicitement soutenu une intervention contre les taliban.
«Dans la lutte contre le terrorisme, l’usage de la force ne peut être exclu. Nous savons que sur le territoire contrôlé par les taliban il y a des camps d’entraînement de terroristes, la drogue y est cultivée à destination de l’Europe, de la Russie et des Etats-Unis», a déclaré Igor Ivanov.
Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Moinuddin Haider, a également fait savoir samedi que son pays souhaitait participer à la guerre contre le «terrorisme» déclarée par les Etats-Unis. Il s’interroge cependant encore sur les réponses à donner à Washington qui lui a fait plusieurs demandes en ce sens.
En répartie, le régime des taliban, au pouvoir en Afghanistan, a menacé de représailles les pays voisins qui assisteraient les Etats-Unis lors d’attaques menées contre ce pays. «Si un pays voisin autorise l’utilisation de son territoire ou de son espace aérien pour une attaque contre l’Afghanistan, il n’est pas exclu que nous puissions attaquer ce pays», a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le président Bush à Camp David
Pour sa part, George W. Bush, après s’être rendu vendredi à New York sur les lieux du drame, est parti hier soir pour Camp David, retraite présidentielle dans le Maryland.
Il devrait y discuter durant le week-end des mesures de ripostes nécessaires avec le vice-président Dick Cheney et les membres du Conseil de sécurité nationale.
A cet égard, le secrétaire d’Etat Colin Powell a relevé vendredi soir que l’emploi de la force est une option parmi d’autres. L’emploi de la «force brute» contre les terroristes qui ont commis les attentats de mardi est «une option». Mais ce n’est pas la seule, a assuré le chef de la diplomatie américaine.
Selon lui, «des efforts diplomatiques, politiques, légaux, financiers ou autres peuvent être aussi efficaces contre ce type d’ennemi que le serait la force militaire».
Enquêtes tous azimuts
L’enquête, elle, progresse sur plusieurs fronts: le FBI a procédé vendredi à sa première arrestation, celle d’un «témoin» susceptible de détenir de précieuses informations.
En Espagne, les forces de sécurité enquêtent sur la présence cet été dans la localité balnéaire de Salou, de l’un des pilotes-suicide de l’attentat du 11 septembre à New York, selon une source proche de la lutte antiterroriste.
Cet homme, Mohamed Atta, a été identifié par le FBI comme le pilote suicide du premier avion qui s’est écrasé sur la tour nord du World Trade Center de New York. L’enquête porte notamment sur les personnes avec qui Mohamed Atta, 33 ans, a pu être en relation dans la station balnéaire très fréquentée de Salou, sur la côte Dorée (Méditerranée), au sud de la Catalogne.
En Allemagne, le parquet général fédéral de Karlsruhe a confirmé samedi qu’un des auteurs présumés des attentats avait séjourné à Bochum. Sa disparition a été signalée par son amie.
L’homme faisait partie du groupe de terroristes présumés de Hambourg déjà identifié. «Il s’agit de la personne qui a réservé comme passager sur l’appareil qui s’est écrasé en Pennsylvanie», a déclaré le Procureur général fédéral allemand Kay Nehm lors d’une conférence de presse.
M. Nehm a ajouté que deux appartements avaient été perquisitionnés à Bochum vendredi soir, dans lesquels cet homme aurait temporairement séjourné. Des «éléments de preuve» ont été découverts dans ces lieux.
En outre, selon un communiqué du parquet diffusé samedi, l’homme s’est rendu en juillet 2000 en Floride, aux Etats-Unis. Il y a fréquenté deux écoles de pilotage. Le quotidien «Westdeutsche Allgemeine Zeitung» paru samedi affirme que cet homme a étudié un temps l’électrotechnique à Bochum.
swissinfo avec les agences
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