Les otages du Sahara sur le chemin du retour
Les 14 touristes européens retenus depuis près de six mois dans le désert du Sahara et libérés lundi sont attendus dans la journée de mardi à Bamako.
La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a exprimé son soulagement sans autre commentaire.
Des responsables maliens, allemands et suisses ont confirmé que les touristes étaient en sécurité et entre les mains des autorités maliennes depuis 16 heures lundi heure locale, mettant fin à une attente prolongée par une succession de retards et de rumeurs contradictoires.
«Je suis contente et soulagée. C’est une bonne nouvelle. Cela fait six mois que nous vivions dans l’anxiété», a pour sa part déclaré lundi soir la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey confirmant la libération des touristes sur les ondes de la RSR.
La ministre des Affaires étrangères n’a pas souhaité faire d’autre commentaire mais elle a annoncé un point de presse une fois que les ex-otages auront été rendus à leur famille.
De son côté, l’ambassadeur de Suisse et chef de la cellule de crise à Bamako, Peter Sutter, a indiqué que tous les otages libérés étaient en bonne santé.
Un travail d’équipe
L’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse ont travaillé en collaboration au sein d’une équipe mise en place à Bamako. La Suisse a dépêché deux experts de la police judiciaire fédérale au Mali.
Cette libération «est le fruit des excellents talents de négociateur du président malien Amadou Toumani Touré», a déclaré le vice-ministre allemand des Affaires étrangères, Jürgen Chrobog, qui s’est rendu à Bamako.
Avion spécial
Les autorités maliennes n’ont pas précisé où se trouvaient les otages lundi soir. Mais M. Chrobog a annoncé leur transfert en voiture ce mardi à Gao, dans l’est du Mali.
Puis ils devraient rejoindre Bamako dans l’avion de l’armée de l’air allemande affrété pour l’occasion. Une petite fête de bienvenue devrait se tenir au palais présidentiel.
Ensuite, les 14 otages doivent s’envoler ce mardi encore pour l’Allemagne. Le décollage pour Cologne-Wahn est prévu tard dans la soirée, vers 21h locale et l’arrivée six heures plus tard. Les 4 Suisses seront ensuite rapatriés.
«Nous attendons. Espérons qu’ils arrivent demain ou après-demain, mais si possible, demain», a déclaré lundi soir Ursula Grüne, dont le fils, Christian, a disparu en février.
Priée de dire si elle était soulagée, elle a répondu: «Demandez-moi dans huit, dix jours ou deux semaines. Pour le moment je ne peux pas le dire.»
Pas de rançon
Pour l’heure, les détails des tractations ne sont pas connus. De nombreuses rumeurs ont circulé, notamment que les ravisseurs réclamaient une rançon de 4,6 millions d’euros par otage.
Les responsables allemands qui ont mené les négociations avec leurs homologues maliens refusent toujours de confirmer ou d’infirmer ces informations.
De son côté, le chef de la diplomatie néerlandaise, Jaap de Hoop Scheffer, a répondu: «Je ne peux pas le confirmer, mais vous savez que la position des Pays-Bas est, et sera toujours, de ne pas verser de rançons lors d’enlèvements.»
Un long calvaire
Contraints par leurs ravisseurs de se déplacer constamment dans le désert saharien, le groupe, composé de 9 Allemands, 4 Suisses et un Néerlandais, a dû supporter des températures tournant autour de 45°C.
Initialement, 32 touristes répartis en petits groupes avaient été enlevés fin février-début mars dans le Sud algérien, région où opèrent aussi de nombreux activistes, bandits et contrebandiers.
Dix-sept otages avaient été libérés en mai dans une opération commando menée par les forces algériennes contre les ravisseurs appartenant à une cellule du Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC), qui milite pour l’établissement d’un Etat islamique.
Les otages restants avaient ensuite été transférés au Mali. L’une d’entre eux, une touriste allemande de 45 ans, est décédée d’un coup de chaleur.
swissinfo et les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.