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Les sans-papiers écœurés par la décision du Parlement

Les sans-papiers de Berne se cherchent des alliés en Suisse alémanique. Keystone

Jeudi, le Parlement a décidé de ne pas aborder la question des sans-papiers. Les Chambres fédérales parleront du cas de Swissair, mais elles ont rejeté toutes les autres demandes de débats urgents. Les sans-papiers parlent d'«insulte à la condition humaine».

Le collectif bernois regrette vivement la décision des Chambres fédérales. En guise de protestation, une action sur la Place fédérale est prévue lundi prochain. Elle sera coordonnée par tous les mouvements actifs en Suisse.

Les sans-papiers de Berne se cherchent aussi des alliés en Suisse alémanique. Des discussions sont en cours avec les sympathisants de Bâle, Zurich ou encore Saint-Gall pour se joindre au mouvement.

Amertume et indignation

A Fribourg, le mouvement ne cache pas son mécontentement. «Les politiciens sont une fois de plus totalement déconnectés de la réalité sociale», regrette amèrement le syndicaliste Jean Kunz. Le travail de visibilité sera néanmoins poursuivi et amplifié.

Les sans-papiers de Fribourg sont toujours à la recherche d’un local qui pourrait accueillir l’ensemble de leurs membres. Ils logent actuellement au centre Fri-Art et chez des sœurs.

Le collectif lausannois, qui avait quitté l’église de Bellevaux, est lui aussi indigné. «C’est lamentable», s’insurge Christophe Tafelmacher. «Surtout que ce n’est pas un phénomène nouveau. Nous avons simplement exposé en plein jour une réalité qui existe depuis longtemps». A croire que les politiciens ne veulent pas voir ce qui se passe dans leur pays, a-t-il ajouté.

Le comité de soutien ne se décourage pas pour autant et mise sur une coordination nationale du mouvement. Pour l’instant, la question d’un «refuge» à Lausanne n’est pas à l’ordre du jour pour les 300 sans-papiers répertoriés par le collectif.

Il en va par tout autrement pour 50 à 70 Kurdes menacés d’expulsion. L’association demandera à ces sept familles si elles jugent nécessaire de prendre possession d’un local.

Le Collectif des sans-papiers de Genève, créé il y a un peu plus d’un mois, n’envisage pas d’occupation de locaux. Il entend privilégier le dialogue avec les autorités politiques. Le mouvement qui a tardé à naître au bout du lac prend chaque jour de l’ampleur, selon un travailleur clandestin.

Plus nombreux, plus d’impact

A Neuchâtel, on ne considère pas la décision des Chambres fédérales comme catastrophique. «Si le débat intervient dans une prochaine session, nous serons d’autant plus nombreux», déclare un responsable du collectif. Et le mouvement aura encore plus d’impact politique.

Actuellement, 46 personnes résident dans l’usine Novocristal de la Chaux-de-Fonds. Un certain nombre de personnes ont annoncé vouloir rejoindre le mouvement. Une occupation autorisée par la commune.

Le PS opposé au report

Du côté politique, certaines voix se sont aussi élevées. Exprimant clairement sa colère, la conseillère nationale Ruth Gaby Vermot a estimé que la décision des Chambres fédérales était «inadmissible». La socialiste bernoise, qui a toujours soutenu les sans-papiers, déplore surtout la raison invoquée, le régionalisme du problème, alors que «cela concerne toute la Suisse».

Ruth Gaby Vermot s’inquiète aussi du sort des manifestants. «Maintenant qu’ils se sont découverts, ils sont en danger.» Elle demandera que le sujet soit «enfin» débattu lors de la session d’hiver. Le parti socialiste a d’ailleurs fait part vendredi dans un communiqué de son indignation et s’oppose au report du débat.

De son côté, Michèle Berger-Wildhaber (PRD/NE) s’interroge sur la hiérarchisation des valeurs en Suisse. «Si on a le temps de parler de Swissair, on a alors aussi le temps de parler des sans-papiers», estime la conseillère aux Etats. Mardi prochain, le groupe radical décidera de la suite politique à donner à cette affaire.

swissinfo avec les agences

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