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Nouvelle tentative pour limiter le nombre d’étrangers en Suisse

La hausse du nombre des réfugiés (archives) et des autres étrangers inquiète de nombreux Suisses Keystone

Les citoyens devront une nouvelle fois dire s’ils acceptent ou non de limiter le nombre d’étrangers en Suisse lors des votations fédérales du 24 septembre. Une initiative demande de réduire leur part à 18 pour cent de la population.

L’initiative populaire dite «pour une réglementation de l’immigration» a été déposée en 1995 avec 121 000 signatures. Le comité d’initiative s’est formé autour de Philipp Müller, un entrepreneur qui, politiquement, a la qualité de député radical au Grand Conseil argovien.

Les initiants comptent dans leur calcul les étrangers titulaires d’un permis d’établissement, ceux qui résident dans le pays plus de huit mois par an et les réfugiés reconnus comme tels. Ils demandent aussi que la Confédération ne présente aucun attrait financier pour les requérants d’asile et les étrangers emprisonnés en Suisse.

En revanche, de nombreux étrangers ne sont pas pris en compte dans le calcul. Il s’agit des frontaliers, des saisonniers qui ne profitent pas du regroupement familial, des touristes, des artistes, des curistes, des étudiants, des scientifiques et des cadres qualifiés, ainsi que des membres des services diplomatiques et des organisations internationales.

Quant au chiffre de 18 pour cent, il correspond au taux de la population étrangère lors du lancement de l’initiative. Le problème, c’est que, depuis cinq ans, la part des étrangers a dépassé les 19 pour cent. Mais, pour les initiants, aucun renvoi forcé ne sera nécessaire, car les départs volontaires devraient suffire pour atteindre la barre des 18 pour cent.

Les initiants déplorent le fait que la Suisse accueille proportionnellement davantage d’étrangers que n’importe quel autre pays européen. Et cette politique a continué dans les années de crise, ce qui est pour eux une aberration. Les partisans de l’initiative estiment que cette augmentation constante de la part d’étrangers ne peut pas continuer, car la Suisse est déjà surpeuplée. D’autre part, certains partisans craignent que l’identité suisse ne soit noyée sous le nombre des immigrants.

Mais les chances de l’initiative sont faibles. L’Union démocratique du centre (UDC) est le seul parti gouvernemental qui la soutient ouvertement. Une UDC d’ailleurs divisée sur le thème. Si la base a voté le soutien, les dirigeants du parti, Christoph Blocher en tête, ainsi que les sections bernoise et grisonne, y sont opposés.

Trois petites formations politiques soutiennent également le projet: les Démocrates suisses, l’Union démocratique fédérale et le Parti de la Liberté. Mais le poids au niveau fédéral est des plus modeste.

Pour le reste, c’est une véritable levée de boucliers. Les partis de gauche, les milieux religieux et les écologistes avancent avant tout des arguments moraux pour condamner cette initiative qu’ils jugent xénophobe. A droite de l’échiquier politique et parmi les milieux économiques, on retrouve également ces arguments. Mais ils insistent aussi sur le fait que sans main-d’oeuvre étrangère, l’économie helvétique court à la ruine.

Olivier Pauchard

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