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«On avait toutes les deux le même âge»

Aude Marcovitch. Le Temps

Observatrice suisse à Hébron, Aude Marcovitch est sous le coup. Son témoignage au lendemain de la mort violente de sa collègue Catherine.

tsr.ch: Aude Marcovitch, pouvez-vous nous parler de l’ambiance qui règne au sein de la délégation suisse après l’annonce de cette terrible nouvelle?

Aude Marcovitch: Tout le monde est très triste, très abattu. C’est tellement irréel, on a de la peine à croire ce qui s’est passé. On est huit membres de la délégation, enfin huit membres avec Catherine…

On est tous consternés, on a tous très peu dormi. Ça s’est passé hier soir et une partie d’entre nous a dû monter la garde devant la morgue de Hébron pour veiller le corps et pour qu’il n’y ait personne qui essaie d’entrer.

Pouvez-vous nous expliquer les circonstances de l’accident? Qu’est-ce qui s’est passé?

A. M.: Catherine, Cengiz et Huseyin, deux membres de la délégation turque, avaient l’intention de sortir à Tel Aviv ou à Bersheva pour y passer la soirée.

On a la possibilité d’utiliser des voitures de loisir que l’on remarque avec leurs auto-collants TIHP. Ils avaient l’intention de sortir de cette ambiance qui règne à Hébron pour la soirée. C’est en sortant de la ville qu’ils se sont fait mitrailler.

Connaissiez-vous bien la victime?

A.M.: Il y a deux victimes, Catherine, et Cengiz. Catherine était ma colocataire. Je la connaissais donc très bien.

On avait toutes les deux quasiment le même âge, nous étions toutes les deux Suissesses et Romandes, et nous habitions dans le même appartement.

Elle était depuis plus longtemps que vous au sein de cette mission?

A.M.: Oui, oui… Elle avait commencé à travailler ici fin juillet et elle devait finir fin avril. Elle devait partir en vacances vendredi pour passer quelques jours en Suisse.

Est-ce que vous avez senti une dégradation de vos conditions de sécurité depuis un certain temps? Craigniez-vous pour votre sécurité?

A. M.: Il y a eu une dégradation des conditions de sécurité depuis deux ou trois semaines. Les bâtiments du TIPH ont été pris sous des feux croisés des Israéliens et des Palestiniens.

La situation était donc assez critique. Des balles ont atteint nos bâtiments à plusieurs reprises et elles ont frôlé plusieurs membres de la mission.

Puis les choses se sont calmées un peu. Mais, ici, vous avez toujours des tirs, de jour comme de nuit. La situation est totalement imprévisible.

Vous pouvez être en patrouille en ville avec une situation apparemment très calme. Et, tout à coup, vous entendez des coups de feu. Et tout dégénère.

Est-ce que vous avez été préparée à ce genre de situation?

A.M.: Personnellement, juste avant de venir ici, le DFAE m’a fait suivre un stage de deux semaines de préparation à une mission de maintien de la paix, des cours de gestion du stress et de la sécurité.

Dans la mission, il y a 85 membres. Les deux tiers d’entre eux sont soit soldats soit policiers. Catherine était civile. Cengiz, lui, était militaire.

Les deux tiers des gens qui sont ici connaissent donc déjà, dans leur travail quotidien, des situations de danger.

Interview tsr.ch

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