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Plainte sur la «vérité interdite»

La plainte contre le livre de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié est effective. Keystone

Depuis novembre Yeslam Binladin, demi-frère d'Oussama, menaçait les éditions françaises Denoël. Sa plainte n'est arrivée que cette semaine chez le procureur genevois.

Depuis le début de l’année, Guy Birenbaum, l’un des responsables des éditions Denoël, qui publient «Ben Laden, la vérité interdite», s’abstenait de commenter les accusations publiques de Yeslam Binladin, et de son avocat zougois Jürg Brand.

«Nous négocions avec eux. Nous pensons tomber d’accord sur un compromis. Et puis, patatras, nous apprenons pas la presse une plainte de leur part, assortie d’une demande de réparation portant sur 20 millions de francs suisses», raconte l’éditeur.

Depuis deux mois, date de parution du livre, il ne s’agissait que de menaces. Celles-ci ont été mises à exécution à la fin de cette semaine. Une plainte pénale est arrivée sur le bureau de Bernard Bertossa.

Des liens avec des terroristes

Yeslam Binladin, patron à Genève de Saudi Investment Company SICO, et d’Avcon Business Jets Geneva, société dans laquelle on retrouve parmi les administrateurs Jürg Brand, reproche à l’ouvrage «La vérité interdite» de laisser entendre que leurs sociétés pourraient entretenir des liens avec les organisations terroristes d’Oussama Ben Laden.

La législation suisse étant différente de celle de la France, les éditions Denoël acceptent de corriger sur deux points les livres distribués dans la Confédération. Notamment, il ne sera plus dit que Jürg Brand est associé avec le frère de Mahmoud Khawaja, ancien dirigeant du Djihad islamique palestinien, tué par les Israéliens en 1995.

«Si la CIA avait pu fournir la moindre preuve que Yeslam Binladin avait encore des liens avec son frère jamais Genève ne lui aurait accordé la nationalité suisse en mai 2001», rappelle Dominique Poncet, l’un des avocats du patron de SICO.

Fondation créée le 15 août 2001

Malgré tout, l’attitude de Yeslam Binladin ne manque pas d’étonner. Pourquoi attendre deux mois pour tenter d’interdire un livre déjà vendu à 70.000 exemplaires en France et que les Suisses peuvent commander par la poste ou par Internet.?

Bernard Bertossa, procureur général de Genève, a déjà classé la plainte déposée contre L’Hebdo à la suite d’un article intitulé «Un demi-frère sous haute surveillance», considérant que le magazine ne faisait que relayer les interrogations du ministère public de la Confédération.

En effet, pourquoi Yeslam Binladin, qui affirme ne plus entretenir de liens avec Oussama depuis vingt ans, a-t-il créé le 15 août 2001, moins d’un mois avant les attentats, une fondation à Berne consacrée «aux personnes dans le besoin» et «à la promotion de la tolérance entre les hommes?

Autre bizarrerie: alors qu’il se battait pour obtenir la nationalité suisse, Yeslam Binladin a réduit sans explication le capital de sa société SICO d’un million à 100.000 francs le 23 janvier 2001. Ce n’est pourtant pas le meilleur moyen pour montrer que l’on cherche à investir dans son pays d’adoption. .

Ian Hamel

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