Qui s’est servi sur le compte C0-101436?
Dans l'affaire des ventes d'armes françaises à l'Angola, la justice suisse est sur des pistes qui pourraient la mener jusqu'au président Dos Santos.
Dans le scénario de l’Angolagate, Jean-Christophe Mitterrand (fils de l’ancien président français) fait figure d’enfant de chœur. Que lui reproche-t-on? D’avoir encaissé à Genève 1,8 million de dollars de la part de Pierre Falcone, un marchand d’armes. Or, ce trafic porte sur 633 millions de dollars d’armes vendues à l’Angola entre 1993 et 1994.
Rapidement, la justice française s’est tournée vers la Suisse. Car la plupart des protagonistes de cette affaire possèdent des comptes sur les bords du lac Léman.
C’est le cas de Pierre Falcone, le marchand d’armes, qui bénéficie d’un permis de résident dans le canton de Vaud, de l’écrivain Paul-Loup Sulitzer, de Jean-Christophe Mitterrand ou encore de Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand.
Plusieurs personnes se sont servies sur le compte C0-101436
Dans le cadre de cette affaire, le juge genevois Daniel Devaud ne s’est pas contenté, depuis 1999, d’exécuter les commissions rogatoires françaises. Il a ouvert ses propres informations judiciaires.
Le mois dernier, le magistrat suisse a bloqué 700 millions de dollars à l’UBS, correspondant à une partie de la dette angolaise vis-à-vis de la Russie.
Depuis, il a découvert que sur les773 millions de dollars qui auraient normalement dû atterrir dans les caisses russes, seuls 161 millions de dollars sont arrivés à Moscou. Et que plusieurs personnes se sont servies sur le compte C0-101436 ouvert par la société Abalone Investment Limited à l’UBS Genève.
Elisio de Figueiredo, ambassadeur de l’Angola en France, aurait bénéficié de 18,8 millions de dollars. Et Vitali Malkine, un banquier russe, aurait hérité de 48,8 millions de dollars.
Plus grave, le président de l’Angola, José Eduardo Dos Santos, pourrait également être impliqué dans cette affaire, par l’intermédiaire de Pierre Falcone et de sociétés de droit panaméen telles que Dramal, Camparal et Tutoral.
Le quotidien Le Monde du mercredi 3 avril annonce que le juge suisse Daniel Devaud souhaiterait inculper Pierre Falcone pour «blanchiment».
Emprisonné une année en France (de décembre 2000 à décembre 2001), ce dernier bénéficie toujours théoriquement d’un permis B de résident à Lausanne.
swissinfo/Ian Hamel
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