La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Réfugiés juifs: le mea culpa prudent du Conseil fédéral

Le gouvernement suisse a réagi prudemment à la publication ce vendredi du rapport - très critique - de la Commission Bergier sur l’attitude de la Suisse face aux réfugiés fuyant le nazisme. Il réitère ses excuses, mais garde aussi ses distances.

Le gouvernement suisse a réagi prudemment à la publication ce vendredi du rapport – très critique – de la Commission Bergier sur l’attitude de la Suisse face aux réfugiés fuyant le nazisme. Il réitère ses excuses, prend acte du rapport, mais garde aussi ses distances.

On a eu d’abord ce vendredi le point de vue des historiens: leur critique très sévère des mesures restrictives et discriminatoires prises à l’égard des Juifs, par les dirigeants suisses durant la Seconde Guerre mondiale.

Immédiatement après, c’était au tour du Conseil fédéral de prendre position, par la voix de la présidente de la Confédération, Ruth Dreifuss (à droite), accompagnée en l’occurrence du ministre des Affaires étrangères, Joseph Deiss (à gauche).

Avec tout d’abord des excuses. Ou, plus précisément, le rappel des excuses formulée en 1995 par le président de la Confédération d’alors, Kaspar Villiger. Des excuses qui, pour le Conseil fédéral: «conservent toute leur pertinence à la lumière du présent rapport».

Un peu court, au vu des nombreux reproches formulés par les historiens de la Commission. N’aurait-il pas fallu formuler de nouvelles excuses? «Nous estimons qu’à trop souvent répéter les même choses, c’est leur faire perdre leur valeur» argumente le conseiller fédéral Joseph Deiss.

Le reste est sur la même tonalité, quelque peu en retrait. Le gouvernement voit dans le rapport Bergier «une contribution fondamentale à une meilleure connaissance de la politique d’asile suisse au temps du national-socialisme». Mais il y met des bémols.

Visiblement, le Conseil fédéral considère que la Commission n’a pas assez insisté sur ce qui représente, pour la Suisse de l’époque, des circonstances atténuantes: la peur suscitée par la menace allemande ou encore la nécessité de maintenir les relations économiques indispensables à la survie du pays.

Autre regret du Conseil fédéral: «il aurait été souhaitable de tenir davantage compte, dans l’appréciation de la politique suisse, du cadre international». Autrement dit, la Suisse ne se serait pas comportée moins bien que beaucoup d’autres pays.

De son côté la Commission admet avoir sciemment renoncé à toute comparaison internationale. Motif: trop de disparités géostratégiques, démographiques, économiques, sociales et culturelles.

Une comparaison ne serait d’ailleurs par forcément à l’avantage de la Suisse, comme l’a suggéré l’un des membres de la Commission, Saul Friedländer, en citant le cas de la Suède. Un pays neutre, lui aussi très restrictif dans un premier temps, mais qui, dès l’été 1942, après avoir pris connaissance des informations concernant les exterminations, ouvre ses portes.

Pierre Gobet

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision