Réticences autour de la nouvelle formule
La majorité des présidents de clubs de LN devraient voter pour la nouvelle formule du championnat de football, vendredi. Sauf quelques récalcitrants.
La plupart des présidents de clubs s’accordent sur un point: ils ne veulent plus de cette ancienne formule avec deux championnats en un (tour préliminaire + tour final) et une barre qui n’engendre qu’une pression inutile et artificielle (tour de promotion-relégation LNA/LNB).
Trois clubs romands opposés
Les trois clubs opposés au changement de formule du championnat – Yverdon, Sion et Neuchâtel craignent une chose, explique Jean-Pierre Bonvin, porte-parole du FC Sion. Qu’avec seulement dix clubs dans la future Ligue pro (LP), bon nombre de régions footballistiques du pays ne soient plus représentées dans l’élite.
«Des centres de formation, comme ceux d’Aarau, de Sion ou de Neuchâtel-Xamax, risquent alors, sinon de disparaître, du moins de perdre de leur importance.»
De plus, «des petits clubs comme St-Gall ou Sion, poursuit Jean-Pierre Bonvin, enregistrent généralement de fortes affluences. Ce serait donc dommage pour leurs supporters, en général très fidèles, qu’ils ne puissent plus assister à des matches de l’élite suisse (LP).»
Pas de plan marketing
Le président d’Yverdon-Sport, Paul-André Cornu, lui, est l’irréductible réfractaire: «Lorsqu’on parle de mettre en place un nouveau système sur le plan professionnel, on commence par faire une analyse financière et une planification de marketing. Or, rien de tout cela n’a été fait».
Et «le calendrier de la nouvelle formule de championnat ne tient pas compte des licences qui seront accordées ou non», poursuit Paul-André Cornu. «Car, aujourd’hui, on dépose une formule pour 26 clubs (10 en Ligue pro et 16 en Ligue promotionnelle), alors que peut-être seuls vingt clubs recevront finalement leur licence».
La licence, rappelons-le, est cette autorisation délivrée par une commission spécialisée de la Ligue nationale qui certifie que le club a les moyens financiers et juridiques de pouvoir évoluer au sein de l’élite suisse du football. Or, nous savons qu’actuellement, Lugano, Lucerne, Lausanne et Sion font face à de gros problèmes financiers.
Le risque d’être lassé
Paul-André Cornu considère, par ailleurs, complètement rébarbatif le fait que le public helvétique voit jouer durant douze mois et quatre tours (deux matches aller et retour) les mêmes dix équipes. Et, de surcroît, vraisemblablement dans le même ordre hiérarchique. La Ligue pro sera donc confrontée à un manque de sang nouveau.
«La récente et très faible affluence de 3 900 spectateurs au stade des Charmilles à Genève pour un choc présumé entre Servette et Grasshopper, le champion sortant -démontre le désintérêt du public, même pour les grandes équipes suisses», étaye Paul-André Cornu.
«Concernant la Ligue B, très peu d’argent lui est attribué par la LN, poursuit M. Cornu. Or, le budget sera encore inférieur et, surtout, devra être partagé par un plus grand nombre de clubs. C’est-à-dire 16 clubs au lieu de 14». Pour le président d’Yverdon-Sport, c’est la mort programmée de la Ligue nationale promotionnelle (LNP) (ancienne Ligue B).
swissinfo/Emmanuel Manzi
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