Terrorisme: la contre-attaque a commencé
Le président américain George Bush a confirmé, dimanche soir, que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient lancé des frappes militaires sur l'Afghanistan. il s'agit, en fait, de bombardements sur les villes-clé qui abriteraient les centres de pouvoir talibans.
Selon le Pentagone, les raids sont menés depuis des porte-avions croisant dans l’Océan Indien. Une cinquantaine de missiles de croisière auraient été tirés.
D’après des journalistes qui se trouvent en Afghanistan, des explosions et des tirs de DCA ont été entendus dans la capitale afghane Kaboul et à Kandahar, siège de la milice et du conseil religieux Taliban.
S’exprimant depuis la Maison Blanche, le président George Bush a confirmé que l’armée américaine avait commencé ses frappes contre les camps d’entraînement d’Al-Qaida, le réseau terroriste d’Oussama Ben Laden.
Le chef de la Maison Blanche a ajouté que les frappes visaient également les installations militaires des Taliban où pourrait se trouver le milliardaire saoudien.
Vaste soutien
Le président Bush a précisé que les forces américaines étaient soutenues par les forces britanniques. Et que, au fur et à mesure de l’avancement de l’opération «Liberté Immuable», les Etats-Unis pourraient compter sur l’appui militaire de 38 pays, dont le Canada, la France, l’Allemagne et l’Australie.
«Nous sommes soutenus par la volonté collective du monde et nous vaincrons», a déclaré le chef de la Maison Blanche, en rappelant que plusieurs avertissements avaient été donnés aux Taliban pour qu’ils livrent Oussama Ben Laden et ferment les camps d’entraînement d’Al-Qaida.
Par ailleurs, George Bush a indiqué que les frappes aériennes n’étaient qu’un nouveau front dans la campagne contre le terrorisme international. Qu’elles avaient été précedées par une offensive diplomatique, avec la formation d’une coalition, et d’un volet judiciaire, avec l’enquête sur les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
Pour le président américain, cette enquête a commencé à mettre à jour les ramifications financières des attentats, et donc, les soutiens dont bénéficient les terroristes à travers le monde.
A cet égard, George Bush a précisé que la campagne contre le terrorisme irait au-delà de l’Afghanistan.
Ben Laden «prêt à la confrontation»
De son côté Oussama Ben Laden s’est dit prêt «à la confrontation avec les Etats-Unis». Le milliardaire d’origine saoudienne s’est exprimé dans un message préenregistré diffusé dimanche dimanche soir sur la chaîne de télévision al-Jazira, peu avant le début des frappes.
L’islamiste a promis aux Etats-Unis qu’ils ne connaîtraient plus jamais la sécurité avant que la Palestine ne la connaisse. Ben Laden est apparu en personne dans ce message, qui, selon la chaîne de télévision du Qatar, avait été enregistré dans la journée.
Le roi « bouleversé »
De son côté, l’ancien roi d’Afghanistan, Mohammed Zaher Shah s’est déclaré «bouleversé et triste» de voir son pays bombardé et il a exprimé son souhait que les attaques ne fassent pas de victimes innocentes.
Au Pakistan, Amar Mehdi, a qualifié ces frappes d’ «attaques brutales contre des innocents». Et le porte-parole du groupe islamiste Harakat ul-Mujahedeen d’appeler tous les Musulmans du monde à apporter leur soutien complet à leurs frères afghans.
L’Occident se barricade
Plusieurs pays ont annoncé dimanche soir un renforcement de leurs mesures de sécurité après les frappes en Afghanistan.
A Rome, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a placé son pays en état d’alerte. Une alerte de niveau un sur une échelle qui en comprend trois et qui prévoit le renforcement de la sécurité sour tous les sites susceptibles d’être visés par d’éventuelles représailles.
En Turquie et en Allemagne également, des cellules de crise ont été mises sur pied et la surveillance a été renforcée autour des bâtiments sensibles, notamment les ambassades américaines, britanniques et françaises.
En Suisse, le Département des affaires étrangères a dit dimanche soir «suivre avec attention l’évolution de la situation». Le Conseil fédéral s’était déjà prononcé pour des frappes proportionnées, qui tiennent dûment compte des populations civiles.
swissinfo avec les agences et Marie-Christine Bonzom à Washington
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