Trois médailles du Juste pour trois Suisses
Pour avoir sauvé des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, trois Suisses ont été honorés à la résidence de l'ambassadeur d'Israël à Berne.
«Contrairement au reste de l’Europe, précise Daniel Halevy-Goetschl, conseiller et porte-parole de l’ambassade d’Israël à Berne, le nombre de médailles distribuées en Suisse est moins important, de par le fait que la Suisse n’a pas été occupée durant la Seconde Guerre mondiale.»
C’est une commission de Yad Vashem, l’institut officiel d’Israël pour la mémoire de l’Holocauste, qui décide périodiquement des personnes à honorer pour avoir sauvé des juifs durant la Shoah.
Cette instance fonctionne sur la base de demandes et de dossiers qui lui sont remis des quatre coins du monde. Le représentant de Yad Vashem en Suisse est Herbert Herz, à Genève.
Marguerite avait 15 ans
Nous sommes au début des années 1940 et la famille Emile et Lina Marclay accorde le gîte et le couvert pendant plusieurs jours dans leur chalet de Champéry, en Valais, successivement à deux groupes de juifs à la recherche d’un abri.
En automne 1942, en effet, la vague d’arrestation de juifs en France, organisée par le régime de Vichy à la demande de l’occupant allemand, provoque un afflux considérable de réfugiés en Suisse. Les passages privilégiés: les cols entre la Haute-Savoie et le Valais.
A l’époque, Marguerite Constantin n’a que 15 ans. N’empêche, elle aide ces réfugiés juifs à se rendre au centre de la Suisse, où le risque de refoulement est moindre. Résultat: les quatorze juifs, alors en fuite, sont sauvés.
Aujourd’hui, Marguerite Constantin demeure en étroite relation avec les survivants de cette épopée. Au cours d’un voyage en Israël, elle a reçu de leur part un accueil mémorable.
Bühler, un capitaine bienveillant
Grâce à la bienveillance du capitaine Anton Bühler, une centaine de juifs viennois s’établit dans le canton des Grisons, près de Coire. Après la guerre, ils continuent leur périple aux Etats-Unis. Aujourd’hui, le témoin principal, Michael Samek, a fait expressément le voyage de Berne pour honorer la mémoire de son sauveteur.
Mais Anton Bühler est mort, après avoir occupé le poste de secrétaire du Département de justice et police des Grisons. C’est donc son fils, Andrea Bühler, qui a reçu la médaille du Juste.
Vonrufs, sauveur de juifs en Hongrie
En décembre 1944, à l’approche des Soviétiques, et alors que la persécution nazie continue pour les juifs de Hongrie, deux Suisses Peter Zürcher et Ernst Vonrufs, établis à Budapest, se voient confiés la défense des étrangers en Hongrie.
Avec fermeté et courage, le responsable Zürcher et son adjoint Vonrufs interviennent auprès du commandement nazi hongrois (die Pfeilkreuzer = les Croix-Fléchées) et parviennent à sauver des centaines de juifs.
Là aussi, c’est le fils d’Ernst Vonrufs, Hansjörg Vonrufs, qui a été récompensé, ce 23 octobre 2001. Tandis que Peter Zürcher avait déjà été nommé Juste, en 1999, à titre posthume.
Emmanuel Manzi
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