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Un ancien espion français recherché par la justice suisse

En toile de fond, toujours l’affaire Elf. Keystone

La France n'est plus seule à rechercher Pierre Lethier, un ancien des services secrets tricolores, domicilié dans le canton de Genève. Le juge suisse Paul Perraudin mène également une procédure à son encontre. En toile de fond, toujours l'affaire Elf.

En 1992, lorsque la compagnie pétrolière française Elf rachète pour 4,25 milliards de francs suisses la raffinerie allemande Leuna, deux intermédiaires entrent en piste, Dieter Holzer pour l’Allemagne et Pierre Lethier pour la France.

Les deux hommes, proches des services secrets de leurs pays respectifs, perçoivent respectivement 40 millions et 24 millions de francs suisses. Les juges français, en charge du dossier Elf, les soupçonnent de n’être que de simples prête-noms.

Pour preuve, le juge suisse Paul Perraudin a déjà découvert que Ludwig-Holger Pfahls, secrétaire d’Etat à la défense allemand de 1987 à 1992, a reçu une part importante des fonds ayant transité par les comptes de Dieter Holzer. Se cacherait-il également des personnalités politiques derrière Pierre Lethier? La justice suisse vient d’ouvrir une procédure contre l’ancien espion français, qui a quitté depuis quelques jours son domicile genevois.

Or, dans ce genre d’affaire, la procédure suisse a toujours la préséance sur une procédure étrangère, en l’occurrence française. En cas d’interpellation de Pierre Lethier sur le territoire helvétique, Berne peut donc s’opposer à son extradition vers Paris.

Mis en cause par deux pays, l’ancien membre des services secrets français ne reste pas inactif. S’estimant victime d’un complot de la part des anciens dirigeants de la compagnie Elf, Pierre Lethier a fait déposer lundi à Genève par ses avocats une requête d’une trentaine de pages contre eux. Il leur réclame 4 millions de francs suisses pour avoir substitué à son contrat, parfaitement licite, «un faux contrat».

Ian Hamel

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