Un Suisse dans le Comité européen contre la torture
Le médecin et juriste suisse Jean-Pierre Restellini vient d'être élu membre du Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l'Europe. Un organisme dont les délégations ont accès à tous les lieux de détention des 41 Etats qui ont signé la Convention européenne pour la prévention de la torture.
Jean-Pierre Restellini, qui succède à la psychiatre valaisanne Gisela Perren-Klinger, n’est pas un novice. Il collabore au CPT depuis sa création il y a onze ans et a déjà effectué plus de 25 missions en tant qu’expert. Il fut ainsi le premier médecin à pouvoir visiter le leader kurde Abdullah Oçalan dans sa prison.
«Je suis très fier que ce poste soit attribué à un Genevois et qu’ainsi soit saluée la tradition humanitaire de mon canton», déclare le nouvel élu. Le CPT doit, en effet, sa création au banquier genevois Jean-Jacques Gautier.
Un pouvoir unique
Les délégations du CPT effectuent des visites périodiques dans les Etats qui ont signé la Convention. Mais elles peuvent aussi organiser des visites inopinées, en cas de nécessité. Les Etats sont alors obligés d’ouvrir les portes des prisons et des hôpitaux psychiatriques.
Le Comité pour la prévention de la torture dispose donc d’un pouvoir unique. Et son influence est bien réelle. «Il suffit qu’un Etat apprenne la venue d’une délégation du CPT pour que son comportement à l’égard des détenus change, affirme Jean-Pierre Restellini. Normal, nous avons le droit de tout voir.»
Les Suisses sont bien accueillis
La situation des détenus s’améliore ainsi dans la plupart des pays visités. A l’exception de certains Etats récalcitrants, comme la Turquie. Les délégués doivent surtout faire preuve de diplomatie. «Nous devons nous mettre à l’écoute des gens, sans les écraser de notre bonne parole occidentale», souligne l’ancien député vert au Grand Conseil genevois.
Les délégués suisses sont généralement bien accueillis. On les identifie à la Croix-Rouge. «Mais, avertit Jean-Pierre Restellini, nous devons éviter de donner des leçons.» Car la Suisse, à l’instar d’autres pays européens, n’applique pas les recommandations de base du CPT. Notamment en ce qui concerne l’indépendance des médecins qui visitent les lieux de détention.
Barbara Speziali, Bruxelles
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