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Une année de préparation pour douze jours de chasse

Marcel Langel, chasseur valaisan. swissinfo.ch

Pour de nombreux chasseurs valaisans, seule la «chasse haute» au gros gibier présente de l'intérêt. Hélas, pour ces passionnés, elle ne dure que douze jours. Une petite période qui se prépare durant une année. Reportage.

Sept heures du matin dans la Vallée d’Illiez aux pieds des célèbres Dents du Midi. Mais surtout, jour J-moins sept pour l’ouverture de la chasse. Le jour pointe le bout de son nez. Marcel Langel, chasseur depuis seize ans sort ses jumelles pour observer les premières neiges sur les cimes.

«En réalité, nous pensons à la prochaine chasse avant que celle de l’année soit achevée», lance le chasseur. Et d’ajouter «lundi 17 septembre, en plus des jumelles et de l’appareil photo numérique, il faudra porter le sac à dos et la carabine.

Une année d’étude de la faune

Ce repérage est le dernier d’une longue série qui débute déjà en hiver. Inutile de préciser que le territoire de chasse est connu et apprécié au mètre près par le chasseur.

«Chaque mois, chaque saison, apporte son lot d’informations, précise Marcel Langel. En effet, Il est important de connaître l’évolution du cheptel et le comportement des animaux durant toute l’année».

Et pour connaître cette faune sur le bout des doigts, tous les week-ends de l’année sont pratiquement consacrés à l’observation. «Ce travail, qui en fait est un plaisir, permet d’arriver à l’ouverture de la chasse en pleine connaissance de cause», ajoute le chasseur.

Pour Marcel Langel, cette méthode évite de nombreuses erreurs. Chamois, cerfs, chevreuils, sangliers n’ont pas de secrets pour lui. «En connaissant pratiquement tous les animaux que nous trouverons pendant la période de chasse, nous savons d’avance sur quelles bêtes nous pouvons tirer ou pas», ajoute le chasseur.

Une déconnexion totale avec la ville

Mais avec sa connaissance des animaux, le chasseur n’a-t-il pas l’impression de tirer sur un ami, le jour venu? «Le tir de l’animal fait partie du jeu, et je comprends que certaines personnes soient choquées. Cependant, ce n’est pas l’acte qui apporte le plus de plaisir». La preuve: l’année dernière, le Nemrod n’a tiré que trois fois en 12 jours.

Et Marcel Langel d’ajouter «Les plus grands plaisirs de ces douze jours s’articulent autour de la promenade, des étapes dans les refuges, et des bons repas partagés entre amis. Mais surtout d’une déconnexion totale avec la ville. Je prends mes vacances durant cette période. Et si un chasseur rentre bredouille -cela arrive- il ne se suicidera pas pour autant».

Un constat tout de même: le plaisir qu’éprouve le chasseur n’est pas partagé par la population. «Je ne comprends pas pourquoi la chasse est aussi méprisée de certains. Nous ne faisons pas de massacre, et nous contribuons à une bonne régulation du cheptel, en accord avec les Services de la chasse».

Et de conclure de manière provocante «Nous connaissons probablement mieux la nature et la respectons autant que certains dictateurs qui voudraient tout interdire pour faire de la Suisse un grand Parc National».

En attendant lundi matin, la dernière nuit du chasseur sera probablement hantée par la présence d’un grand cerf male, celui que l’on rêve d’avoir en face de soi, au moins une fois dans sa vie.

Jean-Louis Thomas

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