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Une demi-victoire pour Bernard Bertossa

Au centre de l'affaire: le rachat par Elf de la raffinerie de Leuna dans l'ex RDA. Keystone Archive

Les dossiers du magistrat suisse sur l'affaire Elf-Leuna ne recèlent pas d'indice de corruption d'hommes politiques allemands. Pas pour l'instant.

C’est ce qu’a indiqué, mercredi, le procureur fédéral Kay Nehm, qui a examiné les 55 classeurs transmis en juillet dernier, par les services du procureur de Genève, Bernard Bertossa.

Helmut Kohl a donc de quoi se réjouir. Les 16’000 pages du dossier Elf-Leuna transmis par la justice suisse ne comportent donc aucune trace concrète de versement de dessous de tables.

L’insistance de Bertossa

Bernard Bertossa avait dû frapper des années à la porte des autorités allemandes pour qu’elles ouvrent une enquête sur les versements de fonds inexpliqués. Ces versements ont transité par la Suisse et l’Allemagne au lendemain du rachat par le groupe pétrolier de la raffinerie de Leuna dans l’ex RDA.

Les documents démontrent certes que des mouvements de fonds, d’un montant d’une soixantaine de millions de francs, ont emprunté un véritable labyrinthe de comptes bancaires suisse, français et allemands.

Aucun de ces transferts ne correspond à quelque nécessité économique que ce soit. Mais rien ne permet d’inculper de corruption précisément les proches du chancelier au pouvoir à l’époque, ou l’ex-chancelier lui-même.

L’éventualité d’une corruption existe

Volker Neumann, président de la commission d’enquête parlementaire sur les fonds secrets de la CDU, le parti d’Helmut Kohl, souligne cependant que l’éventualité de la corruption demeure pleine et entière.

L’affaire remonte au début des années quatre vingt dix. Le trust français Elf Aquitaine rachetait alors la raffinerie de Leuna, dans l’ex RDA. Une opération symbolique de la collaboration franco-allemande, appuyée par François Mitterand et Helmut Kohl.

Y verra-t-on plus clair?

La justice française soupçonne depuis 1996 le groupe pétrolier d’avoir versé à cette occasion des dessous de table à des hommes politique allemands. La justice suisse a retracé le détail de ces versements inexpliqués.

Le procureur fédéral va transmettre maintenant les pièces à la justice d’Augsburg et de Sarrebruck. Celles-ci enquêtent en effet déjà sur les activités de l’homme d’affaire allemand Dieter Holzer. Le chef d’orchestre des mouvements de fonds inexpliqués de l’affaire Elf.

Mais y verra-t-on plus clair? Justement, l’un des procureurs d’Augsburg a récemment démissionné. Il accuse les autorités de la justice bavaroise d’avoir entravé ses recherches.

Michel Verrier, Berlin

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