Une journée de deuil quasi-mondiale avant les représailles
Trois jours après les attentats de New York et Washington, l'Amérique, l'Union européenne et la Suisse vivent une journée de deuil. Alors que de son côté, l'armée américaine prépare des représailles qui pourraient intervenir dès ce week-end.
Cette journée de vendredi mêle émotion et détermination à châtier les initiateurs de «la première guerre du 21e siècle». Les Américains, qui approuvent à 80 % l’action du président George W. Bush, auteur de cette expression, sont à 83 % favorables à une «action militaire», selon un sondage de la chaîne NBC news.
Silence radio
La Suisse, les quinze pays de l’Union européenne et les treize candidats à l’adhésion ont retenu leur souffle durant trois minutes à la mémoire des victimes, en signe de deuil.
Tous les collaboratrices et collaborateurs de la SSR SRG idée suisse (dont aussi swissinfo / Radio Suisse Internationale) ont observé ce silence et interrompu leurs programmes. Le personnel de l’ONU à Genève a organisé une marche silencieuse en solidarité avec les victimes des attentats aux Etats-Unis.
Les CFF ont aussi respecté ces trois minutes de silence. Pendant ce temps, aucun train n’a quitté les gares suisses. La Bourse suisse a aussi marqué une pause.
Un raid contre l’Afghanistan?
Pour l’instant, le président Bush n’a pas donné de précision sur la riposte envisagée à ce stade. Il a contacté par téléphone de nouveaux dirigeants étrangers pour continuer à bâtir une vaste coalition internationale contre le terrorisme.
Le Pentagone a précisé que Washington entendait mener une campagne militaire antiterroriste visant non seulement les organisations terroristes mais les Etats qui les accueillent. Il a précisé qu’il allait utiliser pour cela 20 milliards de dollars (33,6 milliards de francs) supplémentaires réclamés par le président au Congrès.
Un haut responsable américain a laissé entendre qu’un raid contre l’Afghanistan – pays qui héberge le chef de guerre d’origine saoudienne Oussama ben Laden, vers lequel convergent les soupçons – pourrait intervenir dès ce week-end ou la semaine prochaine.
Diverses actions étudiées
Certains responsables ont confirmé, sous le couvert de l’anonymat, que le commandement militaire interarmes au Pentagone et d’autres états-majors envisageaient toutes les possibilités. Elles vont du déploiement de troupes d’élite à des frappes effectuées par des bombardiers furtifs B-2 ou encore des tirs de missiles de croisière.
Le secrétaire adjoint à la défense Paul Wolfowitz a malgré tout reconnu que la lutte contre le «terrorisme ne se règle pas par une seule frappe militaire, quelle que soit son importance».
Les plus hautes autorités du régime des talibans ont annoncé qu’elles s’attendaient à une attaque «massive» des Etats-Unis, et se sont engagées à se venger. «Nous sommes prêts à payer n’importe quel prix pour nous défendre, et à utiliser tous les moyens pour prendre notre revanche» a déclaré un porte-parole du chef suprême des talibans.
Dix-huit pirates identifiés
La plupart des pirates de l’air ayant détourné les avions projetés contre le World Trade Center et le Pentagone ont été identifiés. Ils étaient au moins 18, selon le ministre de la Justice John Ashcroft, dont six avaient suivi des cours de pilotage en Floride. En outre, selon la chaîne de télévision locale NY One, neuf personnes ont été interrogées par la police aux aéroports JFK et La Guardia.
L’espace aérien américain reste fermé à tous les vols étrangers à l’exception de ceux des compagnies canadiennes. Une poignée d’appareils étrangers, déviés mardi sur le Canada, ont toutefois été autorisés à rejoindre les Etats-Unis.
swissinfo avec les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.