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Une nouvelle affaire Mikhaïlov à Genève

Le patron de la société Savas Oil dénonce le blocage de ses comptes pendant deux ans et demi. Il réclame 40 millions de dommages à Genève.

S. S. est un homme d’affaires germano-russe, actif dans le commerce des matières premières, notamment le pétrole. Il créé en 1994 Savas Oil International Corp à Tortola, dans les îles Vierges britanniques, et une filiale à Genève, Savas Oil Management, chargée de l’administration et des finances.

En clair, il achète du pétrole russe et le revend sur les marchés internationaux. Ses activités de «trading»le mettent en contact avec un oligarque russe, Vitali Kirillov, en ligne de mire de la justice genevoise.

Soupçons de blanchiment d’argent

Résultat, le juge Daniel Devaud bloque en juin 1998 non seulement les comptes du groupe Savas Oil, mais également ceux de S.S. et de son épouse, de nationalité italienne.

Au palais de justice, on évoque des «mouvements de comptes complètement inhabituels». L’homme d’affaires germano-russe est soupçonné de blanchiment d’argent. Et des informations provenant de Russie évoquent une fraude «s’apparentant à de l’escroquerie».

Seulement voilà, le patron de Savas Oil, qui réfute ces accusations, se retrouve dans une situation économique très difficile. Sans ressources, il n’est plus en mesure de garantir les frais de fonctionnement de ses bureaux, notamment celui de Genève. Savas Oil Management est aujourd’hui en liquidation.

Ce n’est qu’en novembre 2000 que la Chambre d’accusation ordonne la levée immédiate des saisies de ses comptes. «Si la justice avait trouvé des liens entre les fonds saisis et une activité criminelle, cet homme d’affaires aurait été inculpé. Or, ce n’est pas le cas», constate Charles Poncet, l’avocat de S.S.

Des idées à d’autres hommes d’affaires

L’argent a été bloqué pendant deux ans et demi. Pour le défenseur de l’homme d’affaires russe, il s’agit d’une «mesure illégale, de nature à engager la responsabilité de l’Etat de Genève». D’où cette facture de 40 millions de francs. La procédure d’indemnisation de Sergueï Mikhaïlov, emprisonné 778 jours, et qui avait obtenu 800 000 francs, donne des idées à d’autres hommes d’affaires.

Malgré tout, Bernard Bertossa reste confiant. «Les fraudes reprochées au groupe Savas concernaient principalement la Russie, ce que les autorités russes ont d’ailleurs confirmé», a notamment déclaré le Procureur général dans La Tribune de Genève.

Au Palais de justice, on s’étonne que cette demande arrive quelques jours seulement avant que le peuple soit appelé à élire le prochain procureur général. Pourquoi l’homme d’affaires russe, qui a récupéré son argent fin 2000, ne s’est-il pas manifesté plus tôt?

swissinfo/Ian Hamel

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