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Yeslam Binladin maintient la pression

Ce livre est devenu un best-seller en France. Il est aussi vendu en Allemagne, en Autriche et en Italie. Keystone

La justice genevoise doit décider, dans une semaine, si elle lève l'interdiction qui frappe le livre «Ben Laden: la vérité interdite».

«Des sources sérieuses» ou «des méthodes de petits collégiens qui pianotent sur Internet pour y chercher des informations», voilà les deux versions qui s’affrontent sur le livre «Ben Laden: la vérité interdite».

Ecrit par Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, cet ouvrage est interdit de diffusion en Suisse suite à une décision du Tribunal de Première instance de Genève le 25 janvier.

Opacité des sociétés off-shore

C’est Yeslam Binladin, demi-frère du présumé terroriste Oussama Ben Laden, qui a obtenu cette mesure contre un livre «remplis d’erreurs».

L’homme d’affaires saoudien, qui a obtenu la nationalité suisse l’an dernier et réside à Genève, considère que ce texte porte atteinte à sa réputation en laissant entendre que sa société SICO est compromise dans des scandales financiers.

Une interdiction jugée «disproportionnée» par l’éditeur alémanique Pendo Verlag qui jeudi matin a demandé sa levée devant la Cour de justice de Genève.

«Yeslam n’est pas le sujet principal de mon livre, il n’est mentionné que dans certaines parties, cette décision n’a pas lieu d’être», estime Jean-Charles Brisard.

Jean-Noël Jaton, avocat des éditions Pendo, précise que ce livre se fonde sur «des sources sérieuses» et que les auteurs ne font que mettre en évidence l’opacité des sociétés off-shore de la famille Ben Laden. L’avocat ajoute que l’ouvrage n’a jamais insinué que Yeslam et SICO ont participé à des activités terroristes.

Analyse diamétralement opposée chez Pierre de Preux et Pascal Klein. Les deux avocats de Yeslam Binladin estiment que «ce livre est construit à partir d’amalgames, de contrevérités et d’analogies». Ils demandent que l’interdiction de vente soit maintenue jusqu’à un jugement sur le fond.

Une décision judiciaire dans une semaine

La décision du Tribunal est attendue d’ici à une semaine. Son interdiction en Suisse n’a pas empêché «La vérité interdite» de devenir un best-seller en France (plus de 80 000 exemplaires vendus). Il est désormais aussi commercialisé en Allemagne, en Autriche et en Italie.

Yeslam Binladin se retrouve avec une autre épine dans le pied. A la suite d’une dénonciation de la filiale française d’une banque britannique, une information judiciaire contre X pour blanchiment a été ouverte à Paris. Elle concernerait des sociétés du financier.

Le dossier a atterri sur le bureau du juge Renaud Van Ruymbeck. Il viserait des mouvements suspects découverts sur des comptes de sociétés liées à Yeslam Binladin lors d’un transfert d’argent effectué entre Londres et les îles Vierges britanniques, via la France.

Le financier aurait proposé au juge Van Ruymbeck de se rendre à Paris pour être entendu sur ce dossier et clarifier les choses. Il dément tout acte de blanchiment. Une affaire à suivre.

swissinfo/Luigino Canal

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