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Le congé paternité devient enfin réalité en Suisse

© Keystone / Gaetan Bally

Le principe du congé paternité est désormais acquis pour la majorité des Suisses. Plus de 60% des citoyens ont accepté le projet qui prévoit deux semaines de congé dans les six mois suivant la naissance.

Ce contenu a été publié le 27 septembre 2020 - 18:11

Le congé paternité se concrétise enfin en Suisse. Le peuple a accepté à une large majorité de 60,3% la possibilité de prendre deux semaines de congé après la naissance.

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La Suisse s’aligne donc sur les autres pays européens, qui ont tous introduit depuis longtemps un congé paternité ou un congé parental. La Suède, l’un des États pionniers, a instauré un congé parental payé en 1974 déjà.

Un congé maternité de 14 semaines a été introduit en Suisse en 2005. Mais pour les pères, rien n’est prévu au niveau national. Certaines entreprises et conventions collectives de travail octroient un congé paternité, mais la plupart des hommes n’ont droit qu’à un seul jour lors de la naissance de leur enfant.

Avec ses deux semaines, la Suisse reste tout de même en queue de peloton comparée aux autres pays de l’OCDE. Elle côtoie le Royaume-Uni, la Pologne, l’Irlande, l’Estonie ou encore le Danemark.

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Le projet accepté par le peuple prévoit d’introduire un congé paternité de deux semaines financé par les allocations perte de gain. Celui-ci doit être pris dans les six mois suivant la naissance de l’enfant. Le père touche 80% de son revenu moyen durant son congé, mais au maximum 196 francs par jour.

«Il s'agit d'un grand soutien pour un petit pas.»

Léonore Porchet, députée, Les Verts

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«Il s'agit d'un grand soutien pour un petit pas, a réagi la conseillère nationale (Chambre basse du Parlement) Léonore Porchet, du parti écologiste Les Verts, au micro de la RTS. Cela signifie qu'on doit aller plus loin. La société suisse est prête à avancer de manière forte pour soutenir davantage de mesures permettant de concilier vie professionnelle et vie familiale.»

Ce projet était soutenu par la majorité des partis, mais un comité de droite essentiellement composé d’entrepreneurs et de membres de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice) a lancé le référendum, dénonçant les coûts engendrés par un congé paternité. Ils craignaient une augmentation des cotisations sur les salaires et estimaient que les PME souffriraient tout particulièrement de cette nouvelle contrainte. 

Pour la coprésidente du comité référendaire, l'UDC Diana Gutjarhr, ce «oui» signifie «une extension imprudente et inutile des assurances sociales». «Il est dommage de n'avoir pas pu convaincre l'électorat de l'importance de cette décision», a-t-elle déclaré à l'agence de presse ATS.

«Il faut faire la différence entre ce que l'on aimerait et ce qui est faisable.»

Andrea Gmür, sénatrice, parti démocrate-chrétien

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Pour Andrea Gmür, cheffe du groupe du centre au Parlement, ce soutien au congé paternité est une nouvelle très réjouissante, mais il ne sera pas possible d'introduire de nouveau congé parental ces prochaines années: «Il faut faire la différence entre ce que l'on aimerait et ce qui est faisable. Maintenant, nous devons faire attention à l'AVS, au deuxième pilier, à l'assurance-chômage... Nous ne pouvons pas répondre à de nouvelles demandes.»

Le congé paternité devrait entrer en vigueur en Suisse courant 2021.

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