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Evolène ou le village des irréductibles patoisants

Evolène est le dernier village suisse où le patois est encore la langue maternelle. 

(Suisse Tourisme)

Fier des ses traditions, le village valaisan d'Evolène conserve jalousement son patois. Aujourd'hui encore, une majorité d'habitants s'expriment spontanément en franco-provençal. La langue du coeur, affirme une patoisante convaincue.

«Evolène est le dernier et le seul village de Suisse où le patois est encore appris en tant que première langue maternelle» affirme Gisèle Pannatier, maître assistante au centre de dialectologie de l'Université de Neuchâtel.

Autrement dit, dans ce village valaisan, le franco-provençal reste la langue parlée autour de la table familiale. Et ce sont encore des berceuses en patois qui endorment les enfants.

Ici, on parle patois

Aujourd'hui, la commune compte quelque 1600 habitants. «Et on peut affirmer que toutes les personnes nées avant 1970, voire 1975, parlent encore le patois», déclare Gisèle Pannatier.

Mieux: à en croire la linguiste, à l'école primaire d'Evolène, un tiers des enfants s'expriment encore spontanément dans la langue de leurs ancêtres. Une réalité depuis longtemps révolue dans le reste de la Suisse romande.

Sans conteste, plus que nulle par ailleurs en Suisse, le patois et bel et bien vivant à Evolène. Quelques linguistes avertis s'emploient à expliquer cette particularité par la situation géographique du village qui est parmi les communes les plus isolée du pays.

Une communauté isolée

Situé dans le val d'Hérens, le village a longtemps été coupé du reste du monde. «Les habitants avaient même vendu toutes leurs terres de plaine pour se concentrer sur l'agriculture de montagne, rappelle Andres Kristol, directeur du Centre de dialectologie de l'Université de Neuchâtel. Durant des siècles, ils ont véritablement vécu en autarcie.»

Une existence montagnarde qui aura certainement contribuée à sauvegarder la langue ancestrale. Toutefois, de nombreuses autres régions ont connu des situations similaires sans pour autant conserver leur dialecte. «Les Evolénards ne se sont pas contenté de défendre leur dialecte, souligne Gisèle Pannatier, et la langue est rattachée à un ensemble de traditions qui sont restées particulièrement vivaces dans la commune.»

Fierté

Il est vrai que le village évoque l'architecture des siècles passés. Et, dans ce décor d'un autre temps, il n'est pas rare de croiser une femme vêtue de son costume traditionnel. «Evolène est particulièrement fière de son patrimoine», souligne Gisèle Pannatier.

Il n'existe, en effet, pas d'explication plus rationnelle pour expliquer l'obstination de cette commune d'irréductibles conservateurs. Et la patoisante d'ajouter: «Il n'y a aucune revendication politique, aucun évènement historique ni aucun personnage phare qui ait influencé de manière notable cet attachement à notre culture. C'est simplement une affaire de sentiments.»

Et dans ce règne de l'affectif, le patois fait désormais figure de langue du cœur. Celle qui dit l'amour du terroir, évoque les principaux moments de la vie quotidienne et traduit les émotions les plus subtiles.

Sentiment d'appartenance

«Lorsque je parle en patois, je me sens en connivence avec le monde qui m'entoure, conclue Gisèle Pannatier. C'est une langue qui réveille un sentiment d'appartenance.»

Et d'ajouter, «A Evolène, on a l'impression que le patois permet d'exprimer plus de choses que le français. On se sent plus à l'aise avec ce mode d'expression. Par conséquent, c'est cette langue-là que l'on a envie de léguer en priorité à nos enfants.»

Vanda Janka


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