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«Je rêvais d'un autre monde...»

Mezières, entre Laureline et Valérian, en chair et en os!

(swissinfo.ch)

Parmi les expositions que présente la 18e édition du Festival de la bande dessinée de Sierre, l'une est consacrée au dessinateur et scénariste français Jean-Claude Mézières... Le père de Valérian et de la belle Laureline.

«C'est une des expositions les plus réussies que j'ai vues», s'enthousiasme le dessinateur. «Bon, il y a l'ensemble des dessins présentés, d'accord, mais surtout la mise en scène. C'est touchant de voir que des gens ont passé des journées, des soirées, peut-être même des nuits de travail à faire des sculptures de mes personnages, de mes bestioles, de l'astronef, avec un soucis d'authenticité formidable»... Après quelques décennies de carrière et de succès, une modestie et un enthousiasme qui sont plaisants à entendre.

Si vous êtes fan de BD, vous connaissez évidemment Mézières: la série Valérian, dont les scénarios sont signés Pierre Christin, est née en 1967. Si ce n'est pas le cas, vous avez sans doute vu une partie de son univers dans «Le cinquième élément», le film de Luc Besson, puisque c'est lui qui en a imaginé et dessiné le décor.

Anticipation. Futurisme. Monde technologique. Cette 18e édition de la manifestation sierroise est axée sur la vaste thématique de la science, et l'exposition consacrée à l'œuvre de Jean-Claude Mézières paraît donc à sa place. Pourtant, le monde de Mézières ne relève pas que de la technologie, ni exclusivement de l'exotisme temporel et spatial...

«Moi, je suis très éloigné de la science. Notre Valérian, à Christin et à moi, saute dans l'espace et le temps pour explorer des sociétés parfois très extra-terrestres, parfois quasiment terriennes, mais pour raconter notre monde contemporain. Valérian plaît aux lecteurs par son côté rêve, fantaisie, mais en même temps peut-être par une critique sociale de notre époque qui mérite d'être examinée», constate Mézières.

Christin et Mézières ont créé leur personnage central à une époque où la BD était squattée par des policiers, des cow-boys et des militaires, bref, des héros à la morale aussi carrée que leurs gros bras musclés. Rien de cela avec Valérian: plutôt anti-héros, il ne voit pas dans chaque créature extra-terrestre un ennemi potentiel à abattre.

L'univers de Christin et Mézières ne se limite pas à des gentils chargés de dézinguer des méchants venus d'ailleurs (si possible d'une autre couleur), mais plutôt à décliner une vaste galerie d'êtres imaginaires aux rapports multiples - caractéristique humaine s'il en est - et souvent drôles.

Mézières vient de terminer de dessiner la couverture du prochain tome, qui paraîtra à fin août, chez Dargaud. Le 19e, si mes calculs sont bons, sans compter les hors-série. Bonne nouvelle: «Valérian reprend du poil de la bête, car il va peut-être parvenir à retrouver Galaxity, qui avait été perdue dans un trou noir». Les initiés comprendront. Et puis, qu'on se le dise: un projet de long-métrage d'animation est amorcé...

Bernard Léchot


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