«Utopia Blues», Stephan Haupt et son équipe raflent la mise

Georges Schwizgebel, Vadim Jendreyko, Andrea Guyer, Stephan Haupt, Carol Schuler et Michael Finger. swissinfo.ch

A Soleure, la 5e édition du Prix du cinéma suisse a vu trois films et trois interprètes récompensés. La dominante est jeune.

Ce contenu a été publié le 20 janvier 2002 - 23:18

And the winner is... indéniablement «Utopia Blues», du Zurichois Stephan Haupt, qui empoche deux prix: celui du «meilleur film de fiction» et celui de la «meilleure interprétation masculine», attribué à Michael Finger. Celui-ci tient le rôle de Rafael, le personnage central de l'histoire.

Michael Finger, 26 ans, physique d'adolescent, acteur de théâtre, joue là son tout premier rôle au cinéma. Mais si Stephan Haupt a offert au jeune comédien un rôle qui lui permet de démontrer avec quel talent il joue sur toute la gamme des émotions, le film en lui-même, quoique sympathique, souffre de plusieurs faiblesses.

Utopie à gros traits

L'histoire? Rafael, un jeune Zurichois fou de musique, se voit déjà en rock-star. Avec un ami, il crée l'«Utopia Blues Band». Il est spontané, insouciant, enthousiaste. Mais rapidement, sa légèreté va se heurter aux limites d'une société... nécessairement castratrice.

Ecole incompréhensive, mère envahissante, psys et éducateurs incompétents... car le pauvre musicien incompris a dégringolé dans une profonde dépression. Bref, les clichés sont tels que Rafael nous apparaît finalement comme un modèle d'égocentrisme. Ce qui n'était sans doute pas le but du réalisateur.

A noter par ailleurs que Michael Finger représentera la Suisse lors de la cinquième édition des «Shooting Stars» à Berlin (du 8 au 11 février). Un événement qui est organisé à l'occasion du Festival international du film de Berlin, et qui offre à de jeunes actrices et acteurs européens une occasion de se faire connaître sur un plan international.

Les autres films primés

Dans la section «Meilleur film documentaire», c'est «Bashkim» de Vadim Jendreyko qui a été primé. L'histoire d'un jeune Kosovar qui, émigré en Suisse, tente de canaliser sa violence dans la boxe. Sans y parvenir totalement. Celle-ci déborde largement du ring pour envahir son quotidien, notamment scolaire.

Sujet social, donc, profondément lié au présent et au réel. Tout le contraire de «La jeune fille et les nuages», lauréat de la catégorie «Meilleur court-métrage». Dans ce bref film d'animation, le romand Georges Schwizgebel s'est offert une relecture de l'histoire de Cendrillon, une relecture toutes d'images, de couleurs et de musique - Mendelssohn.

Georges Schwizgebel, heureux et surpris qu'un film d'animation soit primé, alors que ce genre pâtit souvent des mêmes préjugés négatifs que la bande dessinée face à la «vraie» littérature. «Immense moment de bonheur qui ne dure pas plus de cinq minutes» a constaté quant à lui le jury.

Retour au réel

Cette année, le prix de la «meilleure interprétation féminine» est double. Il va à Andrea Guyer et Carol Schuler pour leurs rôles dans «Lieber Brad», un film signé Lutz Konermann. Comment ont-elles convaincu le jury? «Elles apportent la fraîcheur de leurs très jeunes talents à l'illustration des premiers amours de jeune fille, mais aussi de l'amour qui les lie à leur père».

Et Godard dans tout cela, me direz-vous, Godard qui était nominé dans la section «meilleur film de fiction» pour sa dernière production, «Eloge de l'amour»? Et bien Godard n'a rien reçu. Mais on peut aussi signaler que Godard n'avait pas fait le déplacement de Soleure. Sait-il seulement que Soleure existe?

Bernard Léchot

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