2001, année difficile pour les banques suisses
Les banques suisses ont souffert de la conjoncture et de la chute des marchés boursiers. Leurs bénéfices ont chuté de 7 milliards de francs.
Selon le rapport annuel de la Banque nationale suisse (BNS), les bénéfices des banques sont tombés à 12 milliards et demi de francs, en 2001. La somme de leurs bilans a par contre augmenté de 4,8%. Elle est passée à plus de 2225 milliards de francs.
Les banques, c’est-à-dire tous les établissements juridiquement dépendants en Suisse et à l’étranger, ont opéré dans un contexte de faiblesse des bourses et de morosité de la conjoncture, précise la BNS. Mais c’est surtout le premier facteur qui explique ces chiffres, selon Werner Abegg, porte-parole de la BNS.
11 septembre incriminé
«Depuis l’été 2001, une inversion de tendance s’est produite sur les marchés financiers», rappelle le porte-parole. Cette tendance a «évidemment été amplifiée» à la suite des attentats du 11 septembre dernier.
Résultat: la valeur des titres que la clientèle avait en dépôt s’est établie à 3400 milliards de francs, en recul de 8,5% par rapport à 2000. Sur ce total, 43,8% étaient détenus par des particuliers et 44,1% étaient aux mains d’investisseurs institutionnels. Les entreprises se partageaient le solde, soit 12,1%.
Toujours dans le sillage de la chute des marchés boursiers, le produit des commissions sur les opérations de titres et les placements a diminué de 15,2%. Le résultat des opérations de négoce a chuté de 28,8%.
Difficile pour la gestion de fortune
D’une catégorie de banque à l’autre, les revenus ont reculé dans des proportions dépendant du genre d’activité. Les établissements actifs principalement dans les crédits et dépôts traditionnels ont enregistré un repli limité de leur bénéfice.
Celui des banques Raiffeisen a diminué de 4%. Les banques régionales et caisses d’épargne ont connu un fléchissement de 6% et les banques cantonales de 19%.
Par contre, les établissements axés fortement sur la gestion d’actifs et la gestion de fortune ont vu leur bénéfice fondre. D’une année à l’autre, la chute a atteint 43,6% dans les grandes banques, 39,1% chez les banquiers privés et 28,5% dans les banques étrangères (banques en mains étrangères et leurs succursales).
Toutes banques confondues, le résultat des opérations de commissions, des prestations de service et des opérations de négoce a fléchi de 17,7%. Le résultat des opérations d’intérêts a lui aussi diminué, mais dans une proportion plus modérée, soit de 3,6%.
L’emploi progresse
Le poids des opérations effectuées à l’étranger a progressé en 2001. Les actifs à l’étranger se sont accrus de 9,1% et les passifs envers l’étranger de 9,6%. Par contre, tant les actifs en Suisse que les passifs envers la Suisse ont légèrement diminué.
Malgré l’exercice mitigé, l’emploi a progressé dans le secteur. L’effectif du personnel a augmenté de 3,3% en 2001. Toutes les catégories d’établissements ont contribué à cette progression.
Si les grandes banques ont enregistré l’augmentation la plus faible (0,6%), ce sont les banquiers privés qui affichent le plus fort accroissement. En Suisse, la progression a atteint 2,9% et 6% à l’étranger.
Pas de projection pour 2002
Le nombre d’établissements a atteint 369 unités, contre 375 en 2000. Cette baisse ne constitue rien de nouveau, selon Werner Abegg. Le mouvement de concentration existe depuis environ quinze ans, en raison des fusions et prises de participation notamment.
La BNS ne souhaite pas donner de tendances pour l’année en cours. L’institut d’émission estime qu’il est pour l’heure encore trop tôt pour faire des projections.
swissinfo avec les agences
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