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Andersen au pied du mur

Andersen compte 85.000 collaborateurs sur toute la planète. Keystone Archive

Andersen va tenter d'éviter le pire. Le géant de l'audit et du conseil - dont le siège mondial est à Genève - est mis en cause dans la faillite de la société Enron.

Andersen – qui emploie actuellement 85.000 collaborateurs – figure parmi les cinq plus grands cabinets d’audit et de conseils de la planète. Mais c’est à Genève que se trouve la structure qui chapeaute l’ensemble des entités de cette coopérative, réputée autant pour sa puissance que pour son arrogance.

Seulement voilà, le magazine Business Week prédit la chute d’Andersen «d’ici un an, peut-être». «Par vente ou par fusion». En effet, pour ne pas avoir vu arriver la faillite du courtier en énergie Enron – dont les dirigeants auraient dissimulé plus d’un milliard de dollars de dettes – , le réviseur Andersen risque de devoir débourser des millions de dollars.

Conseil ou audit, il faut choisir

Pour l’aider à mettre en œuvre, des «changements fondamentaux» nécessaires après le scandale Enron, Andersen a annoncé qu’il allait créer un organisme de supervision indépendant, dirigé par Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine.

En clair, désormais , Andersen n’acceptera plus de mener à la fois des activités de conseil et d’audit. C’est d’ailleurs là que l’on trouve l’un des principaux reproches généralement faits à ses cabinets.

Comment un réviseur – qui gagne également beaucoup d’argent en prodiguant des conseils – pourrait-il faire des critiques à son client? D’autant qu’il a tout intérêt à ce que son mandat soit renouvelé.

Dans la fameuse affaire Enron, Andersen est soupçonné de ne pas avoir signalé les pertes et les dettes que le géant américain masquait. En effet, comment se fait-il qu’un cabinet aussi prestigieux ne s’est pas étonné de l’existence de plus de 800 sociétés, toutes liées à Enron, domiciliées aux Bermudes, aux îles Caïmans ou à l’île Maurice?

100 millions de dollars par an

Pour Andersen l’affaire est grave. D’autant, les créanciers risquent de se retourner contre lui, vu que Enron est insolvable.

Enron aux Etats-Unis. Et Swissair en Suisse. Ces deux affaires nous prouvent que les réviseurs ont de la peine à mettre en cause leurs gros clients. Et pour cause, Enron rapportait plus de 100 millions de dollars par an à Andersen.

Ce sont les méthodes internes de la profession qui sont en cause. Pour preuve, des concurrents tels que Ernst & Young ou Pricewaterhouse se sont bien gardés de faire des commentaires désobligeant sur Andersen.

Ian Hamel

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