Argent saoudien indésirable
Selon le Guardian, onze des plus grandes banques du monde, dont l'UBS et le Credit Suisse, fermeraient leurs coffres à la famille royale saoudienne.
Onze des plus grandes banques de la planète, appartenant au groupe de Wolfsberg, comme Citigroup, Deutsche Bank, UBS, Société Générale et ABN Amro, envisagent de fermer leurs coffres à la famille royale saoudienne, dont les membres seraient classés parmi les «politically exposed persons» (des personnes politiquement exposées).
Le quotidien britannique The Guardian ajoute que les 6000 membres de la famille royale saoudienne disposent d’une fortune estimée à 400 milliards de dollars. Le roi Fahd, lui-même, qui séjourne à Genève depuis le mois de mai, possèderait 20 milliards de dollars.
Le journal, qui a dépêché un envoyé spécial au Liechtenstein, affirme que dès à présent, les dirigeants saoudiens auraient réinvesti leurs économies dans des fondations à Vaduz, baptisées notamment Asturion et Norista.
Prévenir les transactions douteuses
Le Wolfsberg est un important centre de réunion de l’UBS sur les hauteurs du lac de Constance. C’est là qu’en octobre 2000, onze des plus grandes banques de la planète ont élaboré un code de conduite en onze points pour mieux prévenir les transactions douteuses.
Cette campagne contre le blanchiment d’argent a été baptisée «principes de Wolfsberg». Ces établissements, et parmi eux, l’UBS et le Credit Suisse, souhaitent prendre leurs distances avec les «personnes politiquement exposées», comme les dictateurs du tiers monde.
Mark Pieth, professeur à l’université de Bâle, et consultant du groupe de Wolfsberg, précise toutefois dans les colonnes du Guardian que ce sont aux banques de décider individuellement si elles souhaitent ou non se débarrasser des fonds de la famille saoudienne.
Rappelons qu’aux Etats-Unis, le célèbre avocat Ron Motley, mandaté par des victimes des attentats du 11 septembre, prépare une plainte contre la famille royale saoudienne, soupçonnée d’avoir financé l’organisation terroriste d’Oussama Ben Laden.
swissinfo/Ian Hamel
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