Baisse des bénéfices attendue au second semestre
UBS a publié des résultats supérieurs aux attentes de la communauté financière grâce à une forte reprise durant le second trimestre 2003.
Sans céder à l’euphorie, Peter Wuffli, président du groupe, fait le point de la situation et répond à ses détracteurs.
Les résultats de la première banque suisse ont surpris. Ils démontrent que la stratégie poursuivie par UBS, strict contrôle des coûts et maîtrise des risques de crédit, en période difficile a porté ses fruits.
Aujourd’hui bien positionné pour profiter des effets d’un retournement de conjoncture, UBS ne s’attend pas pour autant à un fort redémarrage dans la seconde partie de l’année.
swissinfo: Vos résultats pour le premier semestre sont bons. Est-il possible d’espérer une amélioration supplémentaire d’ici la fin de l’année?
Peter Wuffli: Nous sommes très contents des résultats du second trimestre parce que toutes les activités y ont contribué. Toutes nos divisions affichent une croissance des profits à deux chiffres, ce qui démontre qu’UBS est bien positionné pour profiter de la reprise. C’est ce qui fait plaisir.
Les entreprises regagnent doucement de l’activité et le paysage macroéconomique donne des signaux encourageants.
D’un autre côté, les revenus fixes vont faiblir et il est peu probable que l’activité dans les titres financiers, comme dans la banque d’investissement, permette de compenser cette diminution. C’est pour cette raison que nous anticipons un bénéfice plus faible pour le deuxième semestre.
swissinfo: Les PME ont exprimé de vives critiques à l’encontre des grandes banques comme la vôtre pour la réticence avec lesquelles elles leur octroient des crédits. Qu’avez-vous à répondre?
P.W.: Nous sommes de loin la banque qui fait le plus de crédits en Suisse. Nous prêtons à 170’000 PME et tenons à garder notre première place. Nous n’avons aucune intention de réduire cette activité ou d’y renoncer, bien au contraire.
Mais nous opérons cependant une différentiation entre les PME qui offrent à terme un potentiel intéressant et celles qui évoluent dans des secteurs structurellement faibles, ne survivant qu’au bénéfice de la faiblesse de l’environnement concurrentiel dans lequel elles évoluent.
C’est cette approche très différenciée qui alimente la controverse.
swissinfo: Etes-vous à la recherché de nouvelles acquisitions?
P.W.: Notre stratégie n’a pas changé. Notre activité de base demeure la gestion de fortune et d’actifs d’une part, et la banque d’investissement au niveau mondial d’autre part.
Nous sommes aujourd’hui très fortement positionnés dans ces activités et nous attachons à développer la croissance interne.
Si nous identifions des secteurs dans lesquels des acquisitions nous permettraient d’atteindre plus rapidement cet objectif, comme dans la gestion de fortune en Europe, nous le ferons. Nous aimerions avoir davantage d’opportunités qu’à l’heure actuelle, mais nous n’avons pas de cible spécifique.
Interview swissinfo, Jacob Greber
(Adaptation: Jean-Didier Revoin)
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